Et si tout mémoriser pouvait être simple : Histoire et principes du palais de mémoire.

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Le décor a pour cadre un somptueux banquet, donné dans l’un des plus beaux palais de Grèce, au crépuscule du VIème avant Jésus-Christ. L’un des convives, le poète Simonide de Céos, quitte un instant la table, deux émissaires ayant un message urgent à lui transmettre.

Pendant ce bref moment, le toit du bâtiment s’effondre, et le palais s’écroule, comme un château de cartes. Le bilan est dramatique : l’ensemble des invités périt. A cela s’ajoute la violence de l’effondrement, qui défigure les corps, jusqu’à les rendre méconnaissables. Or, les familles ont besoin de précisions pour faire le deuil de leurs morts.

A la recherche de solutions, Simonide de Céos ferma les yeux. C’est alors qu’il vit se dérouler, sur l’écran noir de ses paupières closes, le film de la soirée, avant le drame. Il revoit ses amis qui festoient. Il perçoit leurs rires, leurs chants, mais aussi le goût et l’odeur des plats, la sensation des mains qu’il a serrées en guise de salutation. A mesure qu’il fait cet exercice de visualisation, qui met en jeu ses 5 sens, il invite les familles à le suivre parmi les décombres. In fine, il fut capable d’identifier chaque corps, en fonction de l’endroit où il était placé.

Cet évènement tragique a donné son nom à l’une des plus puissantes méthodes de mémorisation : le palais de mémoire, également appelé la méthode des lieux.

Pour vous persuader de sa puissance, essayez cet exercice. Commencez par visualiser clairement, dans votre esprit, un trajet que vous connaissez sur le bout des doigts. Prenons le cas de celui que vous empruntez tous les jours entre votre domicile et votre place de parking. Vous allez ensuite visualiser 10 éléments significatifs qui balisent votre parcours ; ce seront vos aimants à souvenir, les points d’accroche des connaissances à acquérir. Le trajet joue le rôle de classeur des informations : il les organise pour que vous puissiez les mémoriser. Ensuite, vous tissez des liens associatifs mémorables et vous créez des images visuelles marquantes. Enfin, votre aimant à souvenir joue le rôle d’indice évocateur. Il suffit de penser à la première image pour, qu’en cascade, se déroule l’ensemble du scénario que vous avez mémorisé.

Cette méthode fonctionne pour les étudiants qui doivent apprendre des cours (en s’appuyant sur les mots ou concepts-clés), pour retenir sa liste de courses, un numéro de téléphone (cela permet de réviser les départements !) ou votre numéro de carte bancaire. Elle peut aussi vous permettre de ne pas dévier de la colonne vertébrale d’un ordre du jour dans une réunion, ou de la ligne directrice de votre conférence.

L’idée est de mémoriser plus et mieux en s’appuyant sur ce que l’on sait déjà. Pour cela, il convient de localiser les informations à acquérir – et à conquérir – dans un itinéraire que vous connaissez par cœur.

Ici, nous comprenons aisément que le pouvoir de l’imagination, inhérent à la nature indomptable du zèbre, s’avère un puissant moyen pour apprendre par soi-même, et donc pour apprendre efficacement.

Votre défi : mémoriser les 9 clubs ayant remporté la Ligue des champions de football dans les années 1990.

C’est parti, fermez les yeux. Vous vous apprêtez à quitter votre domicile pour rejoindre votre voiture.

Vous commencez par prendre son sac, ce qui vous fait immanquablement penser à Arrigo Sacchi, considéré comme l’un des principaux pionniers du football moderne. Il entraîne le MILAN AC.

Puis, vous vous retournez vers votre femme et observez combien elle est belle (BELGRADE)

Après avoir fermé la porte de votre appartement, vous rencontrez votre voisin de palier. Il vous apprend que, cet été, il passe ses vacances à BARCELONE.

Vous descendez l’escalier et, dans votre boîte aux lettres, vous découvrez un courrier de votre oncle, qui habite MARSEILLE.

Sous la porte d’entrée de l’immeuble, a été glissée une carte rouge et noir, aux couleurs de MILAN.

Sur la carte, il y a une tâche. Du coup, vous prenez de l’AJAX (AMSTERDAM).

En sortant de l’immeuble, vous rencontrez une vieille dame. C’est le surnom de la JUVENTUS DE TURIN.

La maison, à droite, est en train d’être intégralement refaite. Il y a des échafaudages métalliques partout. Cela vous fait penser à la Ruhr, le premier bassin industriel d’Europe de l’Ouest, dont l’une des plus grandes villes est DORTMUND.

Un des artisans portent le maillot du REAL MADRID.

Sur le passage piéton, avant de rejoindre votre voiture, vous croisez un homme au col relevé. Donc vous pensez à Éric Cantona. Donc vous pensez à MANCHESTER.

Ça y’est, vous maîtrisez le palmarès de la Ligue des champions. C’est bien la preuve de la puissance de cette méthode, non !

Certains entreprennent de construire des châteaux en Espagne, d’autres préfèrent ériger des palais de mémoire.

Matthieu&Laetitia

Un exercice pour sourire. Ou comment obtenir le meilleur d’un comportement automatique.

Depuis le premier matin du monde, l’homme a eu l’occasion de développer des comportements automatiques. C’est d’ailleurs l’une des raisons de sa survie. Si, avant de prendre chaque décision, il était contraint de recourir à un raisonnement approfondi, ce serait incroyablement énergivore et chronophage. 

Ce faisant, et c’est ce que met à jour le principe de sélection naturelle, le cerveau crée des raccourcis. Le but est la survie, mais aussi la simplification de l’existence.

Ces comportements stéréotypés sont très fréquents et peuvent être particulièrement efficaces. Dans un monde rempli de stimuli divers et variés, l’homme a donc besoin de raccourcis pour continuer à vivre.

Réagir de façon machinale a ses avantages : vous êtes poursuivi par un tigre blanc au cœur de la jungle, il est heureux que vous n’ayez point besoin de consulter le manuel de survie que vous avez glissé dans la poche intérieure de votre sac à dos ; et ce, d’autant plus, que la fermeture éclair est récalcitrante.

Cette tendance automatique présente aussi une face plus sombre. Et cela, les spécialistes du marketing l’ont bien compris. Pensez, par exemple, à l’effet que peut faire un bon de réduction ou le fait qu’on vous rappelle qu’il ne reste plus que 3 places ou 2 jours pour recevoir tel ou tel produit. Pensez aussi aux serveurs, dans les restaurants, qui touchent doucement et brièvement votre épaule ou votre bras pour créer une proximité affective qui vous rendra plus difficile le refus d’un dessert ou d’un café.

Voici un exercice qui vous permettra de générer vous-même un sourire sur commande : vous vous placez debout face à un miroir, et vous allez répéter le mot « super ». Vous allez utiliser différentes intonations pour traduire différentes émotions : colère, tristesse, peur, étonnement, admiration, … Et vous allez finir par la joie, en éclatant de rire. Ce faisant, vous allez développer un réflexe : le simple fait de prononcer, même intérieurement, le mot « super » aura pour effet qu’un sourire s’épanouisse sur votre visage.

Cet exercice est notamment utilisé par les mannequins et les acteurs. Plus largement, il est possible d’y recourir avant d’entrer en relation avec une personne.

L’on dit souvent qu’il suffit de 21 jours pour prendre une habitude. Une attitude possible est celle du bon sceptique, qui consiste à tenter l’expérience, et à observer si elle est concluante pour vous.

Sourire, c’est créer les conditions d’un rayonnement positif. En y ayant recours, vous maîtrisez davantage votre image. Vous pouvez donc à la fois avancer avec plus de sérénité et donner confiance à votre interlocuteur. Peut alors s’enclencher un cercle vertueux qui nourrira votre lien social.

Dale Carnegie, auteur du bestseller Comment se faire des amis, stipule que sourire est un des moyens les plus efficaces pour nouer des relations de qualité. Warren Buffett, première fortune mondiale en 2008, a exprimé combien la mise en pratique de ce principe très simple avait contribué à sa réussite.

De nombreuses études ont souligné les liens étroits qui unissaient le rire et le bonheur. Raison pour laquelle ce sont des développées des thérapies par le rire.

Un célèbre exemple nous est offert par l’ouvrage autobiographique de Norman Cousins, Comment je me suis soigné par le rire. Ce journaliste américain était atteint d’une maladie grave, cause d’intenses souffrances. Observant à quel point le rire le soulage, il regarde de très nombreux films comiques. Il estime que cette habitude lui a permis de guérir de sa maladie. Son ouvrage incita la science à étudier ce phénomène. Les résultats des différentes expériences mettent à jour le rôle majeur joué par les endorphines, substances libérées par le cerveau sous l’effet du rire.

Rire pour guérir, les adeptes de la phonétique apprécieront. Selon cette approche, l’emploi du terme « soigner » ne dessine pas exactement les mêmes perspectives.

Le rire est donc un merveilleux moyen d’être heureux. Puisqu’il est communicatif, le bonheur aura toutes les chances d’être contagieux.

Matthieu&Laetitia