La vulnérabilité et l’intelligence

La vulnérabilité et l’intelligence. L’intelligence et la vulnérabilité. C’est un peu comme l’histoire de l’œuf ou de la poule. Essayer de savoir qui est première de l’intelligence ou de la vulnérabilité engage dans une insondable réflexion. Classiquement, les psychologues – ceux qui se prononcent sur cette question – estiment que l’intelligence tend à fabriquer la vulnérabilité. Ici, lors de ce bref propos, prenons le contre-pied de cette vision. Comme ça, juste pour voir. Juste pour voir si la démarche est insensée, ou non.

Et si la vulnérabilité était première ?
Selon cette hypothèse, l’intelligence serait donc une conséquence. Ici, sans doute nous faut-il définir ce que nous entendons par le terme intelligence. Howard Gardner a montré, ou démontré, que l’intelligence, par essence, est multiple. Aussi, nous limiterons l’intelligence à l’une seule de ses dimensions : la capacité à produire des raisonnements de haut vol, et parfois en vase clôt, pouvant provoquer des nœuds au cerveau.
Des anthropologues ont rapporté que les peuples heureux n’ont pas d’écriture. Au-delà du fait que cela souligne qu’ils ne manifestent pas le besoin de retranscrire leur histoire, le passé de leur culture, cela suggère également qu’ils vivent davantage qu’ils ne pensent. Le raisonnement est simpliste, peut-être trop, mais dit peut-être quelque chose de la réalité.

Revenons au cœur de notre sujet : et si la vulnérabilité créait les conditions de l’intelligence ?
La vulnérabilité provoque un malaise. Ce mal-être, à son tour, déclenche un questionnement, soit le besoin – pas l’envie – de trouver des réponses, ou du moins des esquisses de réponses, ou des pistes pouvant contribuer à expliquer la situation. S’enclenche alors un cheminement comme une aventure. La tête se fait alors tête chercheuse. Il faut trouver des éléments de réponses, coûte que coûte, pour comprendre son malheur – poser des mots sur des maux -, pour pouvoir tenter d’y remédier. C’est une question de survie.

Ce cheminement amène un déploiement invitant à sortir des sentiers battus, à trouver des solutions parfois jugées originales par l’entourage. L’originalité ouvre de nouvelles portes, tisse de nouvelles connexions qui surprennent, souvent. Et si c’était ce cheminement, qui prend sa source dans une blessure mal refermée, que d’aucuns nommeraient intelligence ?

Matthieu&Laetitia

A la conquête de la confiance en soi

P1070208La confiance n’est pas nécessairement le fruit gorgé de soleil d’une enfance heureuse. Une enfance qui se situe quelque part entre les tourments et la grisaille, au cours de laquelle la confiance n’a pas été injectée à haute dose en intraveineuse, ne dessine pas nécessairement un horizon limité, rongé par l’obscurité.

La confiance, c’est un peu comme un muscle. Pour qu’elle se développe, il faut la travailler, il faut s’entrainer. Ne dit-on pas qu’il faut 21 jours pour prendre une nouvelle habitude ! Il n’y a pas de raison que la statistique ne fonctionne pas aussi pour les bonnes habitudes.

Le premier obstacle qui se dresse sur le chemin de la confiance est probablement la peur, ce verrou émotionnel qui dicte sa loi d’airain. Pour dépasser cette peur, sans doute faut-il se demander combien elle vous coûte, en termes de vie de couple, de vie familiale, de relations sociales, en termes de travail, en termes d’épanouissement. La prise de conscience est fondamentale, elle contient les germes de l’action.

En clair, et en l’occurrence en clair-obscur, le principal élément qui vous limite sur votre chemin personnel, sur votre chemin de confiance, censé vous apporter la meilleure version de vous-même, c’est la peur : peur du jugement, de l’échec, d’être déçu, de ne pas être aimé…

Pour limiter cette peur, sans doute faut-il arrêter de se comparer. Au grand jeu de la comparaison, vous n’allez pas sortir vainqueur. Quand bien même il y ait des domaines où vous êtes le meilleur du monde, il est assez peu probable que vous soyez le meilleur dans tous les domaines. La hiérarchie n’a pas toujours de sens lorsqu’on s’adresse à l’humain. L’autre est simplement différent, vous êtes simplement différent. Chacun est unique. Derrière la comparaison, se dresse souvent le jugement. Et, dans un effet de miroir, les personnes qui ont le plus peur du regard de l’autre, du jugement de l’autre, sont souvent celles qui jugent le plus. L’idée est alors assez claire. Elle consiste à prendre une nouvelle habitude de pensée, de regarder l’autre, de se regarder soi-même, de regarder le monde. C’est peut-être à cette condition que la peur diminuera. Et, dans un effet de balancier, que votre confiance augmentera.

Maintenant que la peur commence à diminuer, il est temps d’entrer dans un état émotionnel qui vous correspond, qui est ce que vous êtes, tout au fond. Il y a être et paraître. Désormais, soyez ! Pour cela, commencez par adopter une attitude physique qui vous mette en valeur, à vos propres yeux. S’aimer est une clé et un cadeau. Le corps envoie en permanence des messages au cerveau. Schématiquement, cela donne les épaules en arrière, le menton relevé, le regard franc, et le sourire comme un soleil. Très important, le sourire. Celui qui sait sourire, comme celui qui sait dire « bonjour », est maître du jeu, et du je.

Dans une approche globale de la personne, l’on conçoit que le physique est indissociable de la psychologie. Pour s’en convaincre, souriez, souriez vraiment, et dites ‘‘Je suis triste’’. Vous verrez que le sourire est plus fort que les mots. Donc optez pour une posture qui vous convient. Pour autant, l’idée n’est pas de dire que les mots ne sont pas importants. D’ailleurs, les mots, parlons-en, après tout, c’est fait pour ça. « Que vous vous dites je vais réussir ou je vais échouer, dans les deux cas, vous avez raison », disait Henry Ford. Autrement dit, il y a des grandes chances, ou de grands risques, que votre croyance se fasse prédiction, et que votre prédiction se vérifie. Ce que les neurosciences tendent à nous démontrer, c’est que les mots sont comme des ordres envoyés au cerveau. L’un des secrets des gens heureux, c’est que les mots qu’ils s’adressent sont enthousiasmants, leur donne envie d’être et de vivre.

Dans le prolongement des mots, il y a les images. Le cerveau fait assez peu la différence entre le réel et l’imaginaire. Par conséquent, imaginer une réussite, se focaliser sur un scénario positif tendent à créer les conditions du succès. Il y a dans cette approche quelque chose du mystère qui enveloppe, comme un papier cadeau, la loi d’attraction. Vous serez daccord avec nous pour dire qu’entre la personne qui envisage l’inconnu comme une menace – qu’est ce qui va encore me tomber sur le coin du museau ? – et la personne qui conçoit le futur comme une ouverture à la grâce – qu’est ce que je vais apprendre aujourd’hui ? –, il y a une légère différence. Ne dit-on pas qu’un battement d’ailes peut être à l’origine de la plus grande des tempêtes ?

Pour se faire une idée un petit peu plus précise de l’importance de l’anticipation, quoi de mieux qu’un exemple concret ?! Plongeons-nous dans la finale de Roland-Garros 1988. Plus exactement dans la nuit qui précède la finale, la nuit du samedi au dimanche. On demande à Henri Leconte de préparer deux discours, en vue du lendemain. Pourquoi deux discours ? L’un en cas de victoire, l’autre, en cas de défaite.

Sa finale debute bien. Dans le premier set, il mène 5-4, service à suivre. Le gaucher sert donc pour le set. Et là, soudainement, sans préavis, revient comme un boomerang la formulation de son discours de perdant, et aussi la projection de la défaite. Le souvenir du discours génère une peur, la peur de l’échec. Résultat : le Nordiste perd 7-5, 6-2, 6-1. Autrement dit, la pensée négative opère une véritable fracture. Avant qu’elle ne s’invite dans son esprit, il gagne 5 jeux et en perd 4 et, après son irruption, il perd 15 jeux et en gagne 3.

En formulant le discours du perdant, le joueur anticipe donc sa défaite, et ainsi créer les conditions de l’échec. Et échec, il y aura. En l’occurrence, ce sera échec et Mats (Wilander).

Une solution, pour gagner le match de la confiance, est donc de visualiser un résultat positif, tout en vivant déjà la belle émotion qui y est associée. Il est même possible d’écrire le scénario souhaité, la belle histoire que vous désirez vivre. Il y a dans l’écrit un engagement souvent plus profond que les paroles. Les unes s’envolent pendant que les autres restent.

Ecrire l’histoire. Avant que l’histoire ne s’écrive.

Matthieu&Laetitia

Le piège du triangle de Karpman. Partie 3 : comment en sortir ?

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Ce triangle a des portes – d’entrée – et des fenêtres – de sortie. Il a même des volets, voici le troisième.

Comme tout piège, celui du triangle de Karpman peut refermer sur nous ses mâchoires d’acier, et nous emprisonner. Mais, comme de toute prison, il est possible de s’évader.

Pour cela, encore faut-il ne pas être totalement naïf, pas totalement Candide. Cela nécessite d’avoir identifié que nos interlocuteurs, ainsi que nous-même, jouons l’un des trois rôles suivants : persécuteur, victime ou sauveur. L’interêt d’une telle démarche est simple : l’on ne peut changer que ce dont nous avons conscience. Ensuite, il convient d’identifier les bénéfices secondaires de notre posture. Outre le réflexe pavlovien qui peut conduire à endosser tel ou tel rôle, comme on s’empare d’un masque – réflexe dont on peut penser que le ressort est enraciné, souvent de manière inconsciente, dans une blessure existentielle –, outre ce reflexe, donc, la propension humaine à entrer dans le triangle traduit des intérêts.

Schématiquement, une victime attire souvent à elle de la pitié. De fait, elle devient un centre d’attention, ce qui peut combler une dette de reconnaissance, par exemple. Le sauveur, quand à lui, peut se voir auréolé du prestige de l’homme bienveillant, serviable, qui a le cœur sur la main. Enfin, il n’est pas impossible que le persécuteur bénéficie de l’image d’un homme doté d’une vive force de caractère.

Mais, n’oublions pas que ce triangle est qualifié de dramatique, et que ce jeu psychologique pollue non seulement les relations sociales, mais également la vision que nous avons de nous-même. Classiquement, une posture équilibrée, où l’on est en phase avec ses aspirations profondes, éloigne de ce triangle. Etre en harmonie avec soi-même, ne plus dépendre du regard des autres, est une formidable occasion de sortir du jeu psychologique, même si ce jeu, avec certaines personnes, s’éternisent depuis plusieurs années, ou depuis toujours.

Si je bouge, si j’évolue, mes interlocuteurs évolueront aussi, presque immanquablement. Et, la personne qui est la plus facile à faire évoluer, c’est encore soi-même. La réponse, donc, est en vous. Avant d’être une formule banalisée, c’est une réalité fondamentale.

Une piste pour tendre vers cet équilibre réside probablement dans notre capacité à identifier que les bénéfices secondaires évoqués plus haut, sont souvent liés à une quête de reconnaissance. Si tel est le cas, peut-être vaut-il mieux, avant toute chose, essayer de soigner cette blessure intérieure, et si personnelle. Pour dire les choses autrement, l’idée serait d’abord de faire un travail sur soi-même – pour avoir une alimentation de confiance branchée sur un courant continu –, et non d’aller uniquement chercher dans des relations sociales – réelles ou virtuelles -, une perfusion de reconnaissance, qui a tous les risques d’être aussi insuffisante qu’éphémère. Un peu comme un sparadrap qu’on poserait sur une jambe de bois. Se rapprocher de la plaie encore vive est probablement plus « confrontant », mais aussi plus constructif. Vouloir se construire en essayant d’être pleinement soi est un moteur puissant pour se libérer du triangle.

Ensuite, il convient donc d’identifier des objectifs supérieurs, c’est-à-dire plus profonds, plus constructifs, que les bénéfices secondaires qui tendent à maintenir la personne dans un mécanisme aux allures de cercle vicieux.

Chacun des 3 rôles permet d’expérimenter quelque chose d’un frisson, d’une ivresse, d’un vertige, d’une fascination. Etre dans le triangle dramatique, c’est énergivore, mais cela permet aussi, parallèlement, de se nourrir de l’énergie – qui s’apparente souvent à de l’électricité – qui circule.

Par exemple, imaginer qu’un grand bonheur est possible, et que ce grand bonheur est beaucoup plus grand que les bénéfices secondaires, peut dessiner un cap et un horizon. Et ce grand bonheur requiert de la force et du courage pour être atteint. Et, la plénitude, l’épanouissement, sont des fruits qui murissent au soleil de l’alignement intérieur. Donc  être soi-même, le plus profondément possible, éloigne d’un rôle à jouer, et par conséquent du triangle dramatique.

Si cette quête, qui a quelque chose d’un idéal – ce qui ne veut pas dire qu’elle est inatteignable –, est une manière de se reconnecter à son cœur profond, alors elle contient toute l’énergie de l’univers. Et, avec toute l’énergie de l’univers, on peut faire beaucoup de choses, même sortir d’un triangle. Et même sortir par la grande porte, celle qui donne sur le lever du soleil.

Matthieu&Laëtitia

Et si tout mémoriser pouvait être simple : Histoire et principes du palais de mémoire.

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Le décor a pour cadre un somptueux banquet, donné dans l’un des plus beaux palais de Grèce, au crépuscule du VIème avant Jésus-Christ. L’un des convives, le poète Simonide de Céos, quitte un instant la table, deux émissaires ayant un message urgent à lui transmettre.

Pendant ce bref moment, le toit du bâtiment s’effondre, et le palais s’écroule, comme un château de cartes. Le bilan est dramatique : l’ensemble des invités périt. A cela s’ajoute la violence de l’effondrement, qui défigure les corps, jusqu’à les rendre méconnaissables. Or, les familles ont besoin de précisions pour faire le deuil de leurs morts.

A la recherche de solutions, Simonide de Céos ferma les yeux. C’est alors qu’il vit se dérouler, sur l’écran noir de ses paupières closes, le film de la soirée, avant le drame. Il revoit ses amis qui festoient. Il perçoit leurs rires, leurs chants, mais aussi le goût et l’odeur des plats, la sensation des mains qu’il a serrées en guise de salutation. A mesure qu’il fait cet exercice de visualisation, qui met en jeu ses 5 sens, il invite les familles à le suivre parmi les décombres. In fine, il fut capable d’identifier chaque corps, en fonction de l’endroit où il était placé.

Cet évènement tragique a donné son nom à l’une des plus puissantes méthodes de mémorisation : le palais de mémoire, également appelé la méthode des lieux.

Pour vous persuader de sa puissance, essayez cet exercice. Commencez par visualiser clairement, dans votre esprit, un trajet que vous connaissez sur le bout des doigts. Prenons le cas de celui que vous empruntez tous les jours entre votre domicile et votre place de parking. Vous allez ensuite visualiser 10 éléments significatifs qui balisent votre parcours ; ce seront vos aimants à souvenir, les points d’accroche des connaissances à acquérir. Le trajet joue le rôle de classeur des informations : il les organise pour que vous puissiez les mémoriser. Ensuite, vous tissez des liens associatifs mémorables et vous créez des images visuelles marquantes. Enfin, votre aimant à souvenir joue le rôle d’indice évocateur. Il suffit de penser à la première image pour, qu’en cascade, se déroule l’ensemble du scénario que vous avez mémorisé.

Cette méthode fonctionne pour les étudiants qui doivent apprendre des cours (en s’appuyant sur les mots ou concepts-clés), pour retenir sa liste de courses, un numéro de téléphone (cela permet de réviser les départements !) ou votre numéro de carte bancaire. Elle peut aussi vous permettre de ne pas dévier de la colonne vertébrale d’un ordre du jour dans une réunion, ou de la ligne directrice de votre conférence.

L’idée est de mémoriser plus et mieux en s’appuyant sur ce que l’on sait déjà. Pour cela, il convient de localiser les informations à acquérir – et à conquérir – dans un itinéraire que vous connaissez par cœur.

Ici, nous comprenons aisément que le pouvoir de l’imagination, inhérent à la nature indomptable du zèbre, s’avère un puissant moyen pour apprendre par soi-même, et donc pour apprendre efficacement.

Votre défi : mémoriser les 9 clubs ayant remporté la Ligue des champions de football dans les années 1990.

C’est parti, fermez les yeux. Vous vous apprêtez à quitter votre domicile pour rejoindre votre voiture.

Vous commencez par prendre son sac, ce qui vous fait immanquablement penser à Arrigo Sacchi, considéré comme l’un des principaux pionniers du football moderne. Il entraîne le MILAN AC.

Puis, vous vous retournez vers votre femme et observez combien elle est belle (BELGRADE)

Après avoir fermé la porte de votre appartement, vous rencontrez votre voisin de palier. Il vous apprend que, cet été, il passe ses vacances à BARCELONE.

Vous descendez l’escalier et, dans votre boîte aux lettres, vous découvrez un courrier de votre oncle, qui habite MARSEILLE.

Sous la porte d’entrée de l’immeuble, a été glissée une carte rouge et noir, aux couleurs de MILAN.

Sur la carte, il y a une tâche. Du coup, vous prenez de l’AJAX (AMSTERDAM).

En sortant de l’immeuble, vous rencontrez une vieille dame. C’est le surnom de la JUVENTUS DE TURIN.

La maison, à droite, est en train d’être intégralement refaite. Il y a des échafaudages métalliques partout. Cela vous fait penser à la Ruhr, le premier bassin industriel d’Europe de l’Ouest, dont l’une des plus grandes villes est DORTMUND.

Un des artisans portent le maillot du REAL MADRID.

Sur le passage piéton, avant de rejoindre votre voiture, vous croisez un homme au col relevé. Donc vous pensez à Éric Cantona. Donc vous pensez à MANCHESTER.

Ça y’est, vous maîtrisez le palmarès de la Ligue des champions. C’est bien la preuve de la puissance de cette méthode, non !

Certains entreprennent de construire des châteaux en Espagne, d’autres préfèrent ériger des palais de mémoire.

Matthieu&Laetitia

7 exercices pour se lever de bonheur. Le régime SAVEURS pour donner du goût à votre journée.

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« Se lever du pied gauche » signifie être de mauvaise humeur dès le réveil, et donc mal débuter la journée. Risque alors de s’enclencher l’effet boule de neige nourrissant un climat d’intempéries : une mauvaise pensée entraîne une mauvaise action, qui provoque à son tour une mauvaise pensée, et ainsi de suite.

Voici 7 éléments pour se lever du bon pied. Ils sont grandement inspirés par le livre intitulé Miracle morning, écrit par Hal Elrod. Ils composent le régime SAVEURS.

Silence : L’idée est de prendre du temps pour soi, et de créer une transition entre le sommeil et la première activité. C’est le moment de pratiquer une pause relaxante : méditation, sophrologie, cohérence cardiaque ou prière, par exemple.

Affirmation : Il s’agit de se répéter des phrases positives, inspirantes, qui vous parlent au cœur, comme « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue », « En temps voulu, j’agirai vite », « Je suis détendu et je vais réussir », « Je réussis tout ce que j’entreprends », « J’ai plein d’idées, je suis créatif », « Je décide d’être heureux », « Je peux être utile aux autres, et les autres me le rendent bien », « Oui, une autre vie est possible », « Mon rêve est à portée de main, aujourd’hui, je fais un pas de plus vers lui ».

Visualisation : Vos affirmations positives préférentielles sont intimement liées à l’exercice de visualisation. Celui-ci est en relation avec votre journée, mais aussi avec votre idéal, votre mission de vie. Il ne s’agit pas uniquement de visualiser, mais également de ressentir jusque dans le corps les effets bénéfiques inhérents à la réalisation d’actions qui vous tiennent à cœur. Vous rêvez d’un tour du monde en voilier, et vous sentez les mouvements du bateau, le clapotis de l’eau, le cri des mouettes, la fraîcheur des embruns, le parfum du large, la caresse du vent ou la morsure du froid. Il y a dans cette approche quelque chose de la loi d’attraction.

Ainsi, vous pouvez imaginer les bons moments que vous allez passer dans la journée, mais aussi l’accomplissement de votre projet de vie. Ce dernier implique d’avoir un horizon à conquérir. Pour ce faire, il faut avoir ce que l’on pourrait appeler une vision, soit un projet plus grand que nous-mêmes, une mission qui nous transcende.

Exercices physiques : Abdominaux, pompes, squats, footing, étirements, ne nécessitent pas de matériel, mais boostent considérablement votre énergie et votre bien-être. Ces bienfaits sont rendus possibles grâce à la sécrétion des hormones suivantes : endorphines, dopamine, adrénaline et noradrénaline.

Ustensiles de cuisine : Le but est de se concocter un petit-déjeuner énergisant, riches en fibres et en protéines, avec des fruits (en jus et à croquer), des céréales,… Le tout est d’allier ce que vous aimez et ce qui est bon pour vous.

Reading (Lecture) : Lire un passage inspirant, apprendre quelque chose de nouveau pour stimuler la dynamique motivationnelle.

Scripting (Ecrire) : Tenir un journal de bord sur vos pensées, sur les bons moments de la journée écoulée et les défis à relever pour celle qui débute, cibler des objectifs concrets à atteindre. Ecrire impacte profondément les pensées. Et, la couleur de nos pensées contribue grandement à déterminer la couleur de notre perception de la réalité.

Ces 7 activités paraissent simples et, justement, elles le sont. Elles semblent frappées du sceau du bon sens. Tout le monde, ou presque, s’y accorde. Pour autant, combien de ceux qui en sont persuadés appliquent ces principes avec assiduité ? Peu, assurément. Il s’agit là, avant tout, d’une question de volonté, et donc de responsabilité.

La mise en pratique de ces principes a tout intérêt à se faire tôt le matin. Pourquoi ? Pour que votre journée parte sur de bons rails. Et puisque le matin, de bon(ne)heur(e), vous n’êtes pas encore engagé dans le torrent du quotidien, vous bénéficiez d’un temps pour vous. Afin de maîtriser ce temps, vous pouvez vous lever 30 minutes voire 1h plus tôt que d’habitude.

Cette perspective vous semble problématique ? Dans ce cas, remplacez le terme problème par opportunité. Et puis, ainsi que le prévoir l’adage, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Le régime SAVEURS pourra alors pimenter votre journée.

Enfin, réaliser ces 7 activités quotidiennement permet d’expérimenter l’effet cumulé. Chacune d’entre elles aura d’autant plus d’impact qu’elle est l’un des maillons d’une chaine positive.

C’est un peu comme dans une équipe, où le résultat final dépasse la somme des talents individuels.

Matthieu&Laetitia

Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait. Une approche de la mission de vie : l’exemple du bodybuilder 

P1060377Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait. Cette phrase, bien sûr, a quelque chose de caricatural. Mais, comme toute caricature, si elle comporte des élans excessifs, elle donne aussi à approcher une réalité.

Ainsi, sans tomber dans l’hyperdéterminisme d’un Jean-Paul Sartre, qui écrit que « l’enfance décide », il est probable que les premières années délimitent un champ des possibles. Et un élément décisif semble être, dans bien des cas, ce que l’on pourrait appeler la blessure originelle. Il s’agit de la blessure d’enfance la plus profonde, le traumatisme le plus violent ou, au moins, celui ayant le plus de conséquences sur l’identité de la personne en construction.

Et, il ne serait pas illogique que ce processus soit particulièrement à l’œuvre pour les profils atypiques, qui sont dotés  – et doués – d’hypersensibilité. Gustave Flaubert aimait à dire : « Ce qui érafle les autres me déchire ». De fait, la blessure peut être source de conséquences d’une profondeur abyssale et, ce faisant, impacte vivement la personnalité, l’identité.

Il y a mille et une façons de réagir à une agression mais elles partagent souvent une caractéristique commune : le besoin de se protéger. La logique est simple : une personne qui subit une vive douleur cherche à ne plus la revivre.

Pour ne plus la revivre, donc pour changer les choses, il faut une prise de conscience des mécanismes qui déterminent un comportement qui ne vous satisfait pas. Sans compréhension profonde, il est difficile de transformer sa perception de la réalité, et donc sa vie.

Cette perspective implique de regarder en face sa blessure intérieure – droit dans les yeux –, et donc de mobiliser une sorte d’ADN du combat. Affronter un traumatisme n’est pas exactement une promenade de santé. Parfois, les personnes ont besoin d’être accompagnées, soutenues, dans cette exploration des profondeurs.

Mais il est probable, qu’in fine, le jeu – ou « je », peut-être –, en vaille la chandelle. Et ce pour une raison aussi précise que décisive : il y a peut-être là, lovée au cœur de votre faille principale, votre vocation. D’où l’emploi de l’expression « Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait ».

Refuser de plonger au cœur battant du grand traumatisme contient le risque de passer à côté de votre mission de vie.

Changer son passé est impossible, mais transformer le regard porté sur lui, c’est possible. Cela ne signifie pas que c’est facile, mais c’est faisable. En conséquence, c’est aussi une affaire de responsabilité. Nous pouvons participer à écrire le scénario de notre propre vie.

Ainsi, il peut être intéressant, pour une personne cherchant un sens à sa vie, d’entreprendre cette introspection. Elle peut être une clé ouvrant l’horizon.

Cette dynamique est aussi un antidote à la culpabilité, aux regrets d’avoir vécu un passé difficile. Ce passé, aussi douloureux soit-il, vous a construit. Vous le maudissiez peut-être, vous pouvez le remercier, peut-être même le bénir. Il a contribué à faire de vous ce que vous êtes.

Vous pensiez que c’était un caillou sur votre chemin, c’est une graine posée dans votre jardin intérieur. Votre passé douloureux est un terreau fertile, il convient de trouver l’espace adéquat pour que s’épanouisse votre personnalité profonde.

Prenons un exemple illustrant cette thèse. Enfants, nombre d’individus qui sont devenus bodybuilders présentaient un profil ectomorphe, ce qui signifie qu’ils étaient minces, voire maigres. Pour le vérifier, il suffit d’observer la finesse de leurs poignets ou de leurs chevilles ; des zones où il est difficile de prendre de la masse musculaire. Ainsi, beaucoup ont entendu, dans leur jeunesse, des remarques blessantes sur leur physique : « tu es maigrichon », « on voit à travers toi », « tu es un sac d’os ». Le corps, c’est l’enveloppe, le premier élément que l’on offre au regard de l’autre. Subir des critiques à ce propos peut toucher au plus profond de l’être, à l’identité profonde. En conséquence, continuer à vivre implique de résoudre ce problème d’image. Symboliquement, les muscles font office de carapace, de bouclier, d’armure, de protection. En se développant physiquement, la personne évolue afin de créer les conditions pour devenir pleinement elle-même. Le mouvement, c’est la vie.

Ici, la musculation relève d’un réflexe de survie. La pratique professionnelle est à la fois chemin de guérison et mission de vie. Elle permet à la fois de soigner la blessure et de s’accomplir.

Exister ne suffit pas, il faut vivre, aussi.

En somme, explorer sa blessure et les émotions qu’elle sécrète peut être un formidable moyen pour trouver sa voie, incarner sa vocation.

Matthieu&Laetitia

Prendre son temps n’est pas toujours le perdre

C’est l’histoire de Tony, un jeune courtier à succès de Wall Street. Elle nous est contée par Richard Koch, auteur de l’ouvrage Bien vivre le principe 80/20. Moins de travail et de stress pour plus de succès et de plaisir.

Obnubilé par la quête de l’illumination, c’est-à-dire de l’idée magique qui lui ferait gagner beaucoup de temps et d’argent, Tony entreprend un voyage au Tibet, pour y suivre un enseignement spirituel rigoureux.

Le financier interroge le maître zen sur le temps nécessaire pour expérimenter cette étincelle mystique. « Sept ans », lui répond le Tibétain.

Le jeune Américain insiste, suggère l’idée que lui, le major de sa promotion à Harvard, peut aller plus vite. Face à ce comportement, le maître zen répond, dans un sourire, que, pour lui, ce serait 14 ans.

Que retenir de cette fable ? En priorité, que pour être en mesure de gagner du temps, il convient, au préalable, de savoir en perdre, ou du moins d’en prendre le risque. Ne pas être pressé, vivre l’instant présent, expérimenter le lâcher-prise, sont autant de moyens ouvrant le cœur de l’homme, et le rendant disponible à la grâce, c’est-à-dire à la bonne surprise.

Cette approche est un éloge de la méditation et d’une certaine idée du détachement : élaguer le superficiel et se concentrer sur la profondeur, l’essentiel.

Ici, convoquons le célèbre exemple d’Archimède. Le Grec prenait son bain, détendu, et, alors qu’il ne cherchait aucune réponse à ses questions, une évidence lui traversa l’esprit. Il jaillit alors de son bain et parcourt les rues d’Athènes en criant « Euréka, j’ai trouvé ! ».

Cette histoire illustre combien l’inspiration peut être liée au détachement. C’est lorsqu’on prend son temps, que l’on peut en gagner, et ainsi aller beaucoup plus vite. En clair, prendre son temps pourrait être un préalable à la réalisation de grands desseins.

Pour sa part, Jean-Louis Servan-Schreiber, dans un livre intitulé Le nouvel art du temps,  préconise de remplacer le mot « temps » par « vie » dans certaines expressions. Ainsi, l’expression « je n’ai pas de/le temps » se transforme en « je n’ai pas de/la vie ». Son objectif est que chacun prenne conscience du temps, et de sa valeur inestimable.

Cette philosophie suggère d’être particulièrement attentif aux choix que nous opérons, car choisir, par essence, c’est renoncer. Et, dire « non » à quelque chose ouvre la possibilité de dire « oui » à une autre.

Matthieu&Laetitia

L’enfant, la créativité et l’Ecole

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L’école est censée préparer les jeunes pour le futur. Et pourtant, à bien des égards, elle semble les former pour un monde qui n’existe plus.

L’Ecole dite traditionnelle ne l’a pas toujours été. Cette même école, avant d’être traditionnelle, a été révolutionnaire ; et ce d’autant plus qu’elle est née au XIXe siècle, dans le sillage de la révolution industrielle et de son désir de standardisation.

Qu’en est-il du respect des besoins de l’enfant qui est, pour ainsi dire, paramétré pour l’innovation ? Il peut d’autant plus sortir du cadre que celui-ci, étant encore en construction, présente une plasticité offrant une marge de manœuvre.

Par nature, tous les enfants ont quelque chose d’exceptionnel, d’époustouflant. Chacun étant unique, les dons le sont également ; ce qui est assez étranger de l’idée de conformité.

Tout enfant doit donc trouver son terrain de jeu, et de « je », et donc d’expression. L’éducation devrait être là pour cela, pour révéler à l’enfant ses talents, pas pour délivrer un savoir suranné et enfermant.

Ainsi que le précise Ken Robinson, en matière d’éducation, la créativité est aussi importante que la littérature.

L’expert en éducation, reconnu pour ses interventions en faveur du développement de la créativité et de l’innovation, raconte l’histoire d’une petite fille suivant un cours de dessin. Souvent assise au fond de la classe, sa maîtresse pense qu’elle a des difficultés de concentration. Un jour, l’institutrice s’approche d’elle et lui demande : « Qu’es-tu en train de dessiner ? »

« Je fais un dessin de Dieu », répond l’enfant.

« Mais personne ne sait à quoi ressemble Dieu », reprend l’institutrice.

« Ils le sauront dans une minute », affirme l’élève.

La morale de cette histoire : les enfants osent, et c’est peut-être même à cela qu’on les reconnaît. Dans certains cas, l’imagination peut être plus précieuse que le savoir. L’insouciance offre de la liberté à l’enfant : il peut échouer, se tromper, et recommencer à sa guise.

Echouer, ce n’est pas être créatif. Mais être créatif et original implique de ne pas avoir peur de se tromper ou, du moins, de surmonter cette peur.

A l’âge adulte, une personne a tendance à perdre cette insouciance et à être gagnée par la peur de l’échec. Ce faisant, au nom sacré de la sécurité, elle tente moins, pour ne pas être prise en faute. Par extension, elle innove moins, et donc ne fait pas de sa différence une force. L’adulte apprend la résignation. D’aucuns appellent ce phénomène la maturité.  

Cette logique se retrouve sur les bancs de l’école, où l’erreur est punie, presque par essence. Alors qu’elle s’avère une nécessité sur le chemin de tout apprentissage et de toute innovation. Dès lors, le prodigieux pouvoir créatif de l’enfant se trouve considérablement mutilé.

Ken Robinson rappelle que dans toutes les écoles, partout dans le monde, il existe une même hiérarchie des disciplines : les mathématiques et les langues au sommet, les sciences humaines ensuite et, tout en bas, les arts. A l’intérieur même des arts, ce n’est pas l’égalité : la musique tend à être plus valorisée que la danse, par exemple.

A l’école, l’idée de hiérarchie est inhérente aux besoins de l’industrialisation du XIXe siècle. Tout d’abord, elle place au sommet de la pyramide les élèves qui seront aptes – et donc utiles – aux nouveaux codes érigés par la modernité de l’époque, à commencer par le travail standardisée et parfois à la chaîne.

Tout ce qui éloigne l’homme de la conformité – comme les arts, le sport ou tout acte créatif –, est logiquement éloigné des sphères éducatives classiques. Nous disons logiquement au vu du dessein poursuivi.

Il y a dans cette approche, comme dissimulé et présenté comme une malédiction, les principes suivants : Ne fais pas de peinture, tu finiras peintre. Ou, pire, ne fais pas de sport, tu finiras sportif. Comme si, non seulement, pratiquer un art conduisait nécessairement à une carrière exclusive et, en plus, ne préparait pas à la vie professionnelle.

La réussite scolaire est perçue comme une preuve d’intelligence ; ce qui est sans doute vrai. Le problème est que ceux qui rencontrent des difficultés, voire des échecs, sont perçus, a contrario, comme des personnes peu intelligentes. Et pourtant, combien d’élèves ayant reçu une étiquette comme un fardeau – « Tu es nul. Tu es un bon à rien. Tu es incapable. Tu ne feras jamais rien de ta vie » –, sont devenus, à l’âge adulte et après avoir trouvé leur terrain d’expression, le petit génie de la cuisine ou de la chanson, pour reprendre des expressions qui barrent fréquemment la une des journaux.

Dans les faits, tout se passe comme si l’école continuait de former essentiellement des employés modèles et des professeurs. Les premiers sont faits pour rester dans le cadre. Les seconds sont faits pour que les jeunes générations, elles aussi, entrent dans le cadre. C’est une caricature, bien sûr, mais une caricature dit souvent quelque chose de la réalité.

Le paradoxe est d’autant plus grand que, jusqu’au siècle dernier, obtenir un diplôme signifiait souvent obtenir un travail. Et, à observer le nombre de personnes Bac+5 au chômage aujourd’hui, il faut croire que les choses ont bien changé.

Puisqu’une idée dans l’air du temps veut que 65% des métiers de demain n’existent pas encore, la créativité devraient avoir de beaux jours devant elle, même celles des adultes.

A ce propos, Picasso a dit : « Tous les enfants sont nés artistes. Le problème est de rester un artiste en grandissant ».

Matthieu&Laetitia

Comment booster votre QI ?

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D’emblée, attaquons une idée reçue : le QI n’est pas un chiffre gravé dans le marbre, une sorte de numéro indélébile qui nous identifierait. Pour donner une image, il s’apparente à une photo, qui mesure un état à un moment précis. Naturellement, il dessine une tendance, un reflet, mais il est soumis à évolution.

En 2008, une équipe de psychologues, menée par Susanne Jaeggi, parvienne à un résultat surprenant, qu’aucune étude antérieure ne laissait pressentir. Ainsi, un entraînement spécifique permettrait d’accroître sensiblement l’intelligence fluide.

Jusqu’alors, les psychologues s’accordaient sur l’existence de deux types principaux d’intelligence : l’intelligence fluide et l’intelligence cristallisée. La première désigne la capacité à faire preuve de logique et à résoudre de nouveaux problèmes. Jusqu’à cette étude de 2008, cette intelligence était considérée comme innée, immuable. L’intelligence cristallisée, quant à elle, correspond aux compétences et à l’expérience accumulée. Elle relève donc de l’acquis.

En 2008, un changement de paradigme s’opère : il est désormais prouvé que l’intelligence fluide peut être boostée. Jaeggi et son équipe de chercheurs internationaux ont développé un logiciel conçu pour entraîner la mémoire de travail. Celle-ci correspond à notre capacité à manier mentalement quelque chose de notre réalité : calcul mental, anticiper la fin d’un film, ou la stratégie de notre adversaire aux échecs.

A quoi ressemble le protocole de l’expérience ?

70 personnes, réparties en 4 groupes, ont suivi le programme de 8 à 19 jours, à raison de 20 min d’entraînement de la mémoire de travail par jour. Par ailleurs, 4 groupes contrôles, ne suivant aucune préparation particulière, complètent le tableau. Chaque participant passe un test de QI au tout début et en toute fin de l’expérience.

Les résultats sont sans appel : l’ensemble des personnes ayant utilisé le logiciel obtiennent un score largement supérieur à l’occasion du second test.

Une analyse plus fine révèle, qu’en moyenne, l’intelligence fluide de ces participants a augmenté de 40% ! Si nous explorons encore davantage les détails de l’expérience, nous observons que la hausse de l’intelligence fluide est directement corrélée au temps passé à s’entraîner avec le logiciel. Ainsi, ceux ayant bénéficié d’un programme de 19 jours voient leur intelligence fluide augmenter 4 fois plus que ceux ayant utilisé le logiciel pendant 8 jours.

Ici, la découverte n’est pas que multiplier la participation à des tests de QI finit par augmenter… notre QI ; cela va de soi et est démontré depuis longtemps.

En effet, le logiciel n’a rien avoir avec un test de QI.

La nouveauté réside donc dans le transfert : l’homme est capable d’apprendre des connaissances dans une tâche donnée et de les mobiliser dans un tout autre contexte. C’est ainsi que peut être modifiée l’intelligence fluide.

Pour mieux comprendre ce phénomène, utilisons l’image de l’entraînement sportif. Un athlète muscle ses abdominaux et exploite ce nouveau potentiel pour améliorer ses performances lors d’un mouvement de développé-couché, d’un sprint, d’un saut en longueur, d’une extension au handball ou d’une frappe de balle au football.

Il en est de même avec le logiciel développé par Jaeggi : la mémoire de travail est optimisée, et sert dans toutes les activités mobilisant ce type de mémoire.

En somme, il existe une très nette corrélation entre la mémoire de travail et l’intelligence fluide. Ce qui impacte, naturellement, l’intelligence dans sa globalité.

Enfin, observons que le QI ne concerne pas uniquement le domaine professionnel. En effet, il affecte notamment celui de la santé : une étude de 2009 réalisée sur plus d’un million de Suédois rapporte notamment que les risques d’hospitalisation augmente de moitié tous les 15 points de QI en dessous de la moyenne.

Et, la santé, c’est beaucoup plus que l’absence de maladie.

Matthieu&Laëtitia

L’intelligence, ou l’impossible définition

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Albert Einstein était un élève médiocre. Pourtant, le père de la relativité restreinte apparaît aujourd’hui comme un archétype du génie. Tout est dit, ou presque, et en si peu de mots : définir l’intelligence relève d’une insoluble complexité. Par cet exemple, nous comprenons que l’intelligence ne se résume pas à ce que l’on peut en percevoir, au premier regard. L’on peut être intelligent, tout en n’ayant pas une scolarité brillante.

« Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il va passer toute sa vie à penser qu’il est stupide ». Cette citation animalière d’Albert Einstein est amplement transposable dans le domaine des hommes. Elle montre à quel point le talent d’un homme peut être spécifique et, si l’on y regarde de près, unique.

En ce sens, limiter l’intelligence au QI, c’est pêcher par abstraction. L’intelligence, ainsi que le souligne Howard Gardner, est multiple.

Le psychologue américain définit huit formes d’intelligence, pouvant être symbolisées par les fleurs d’un bouquet. Nous les avons toutes, mais plus ou moins épanouies : certaines peuvent être en bouton, d’autres totalement ouvertes. L’auteur distingue l’intelligence logico-mathématique, la linguisto-verbale, la visio-spatiale, la kinesthésique, l’interpersonnelle, l’intrapersonnelle, la musicale, et la naturalise. Ce n’est pas parce que les deux premières sont particulièrement valorisées par l’Ecole et le regard social que, dans l’absolu, elles sont supérieures.

https://reveurzeindomptable.com/2016/06/13/les-differentes-formes-dintelligence/

Nous ne sommes pas égaux, au sens d’identiques, mais équivalents, c’est-à-dire que chaque personne, de par son humanité, possède la même valeur. Aussi, il peut être intéressant de prendre conscience de ses forces, de ses atouts, de son potentiel, afin de les développer.

https://www.amazon.fr/intelligences-multiples-Howard-Gardner/dp/2725627877

Darwin, quand à lui, entend par intelligence, la capacité à s’adapter au mieux aux changements qui s’opèrent dans l’environnement. Cette approche, qui s’inscrit dans le sillage de ses recherches sur l’évolution, souligne que la survie d’une espèce dépend moins de sa force que de son adaptabilité. Ce faisant, cette dernière semble être le critère principal de la sélection naturelle. Si l’adaptabilité est une qualité, la suradaptabilité, au cœur de laquelle réside le germe actif de la dissolution de sa propre identité, est indéniablement un piège à éviter.

Plus généralement, l’intelligence peut être définie comme notre capacité à faire du lien entre des informations en apparence disparates. Par sa capacité de réflexion en arborescence, le zèbre semble particulièrement prédisposé à créer des connexions permettant de mettre à jour l’articulation, parfois invisible, entre différents évènements et idées.

A notre tour, risquons un essai de définition. L’intelligence désignerait la capacité à utiliser ses ressources internes et des éléments de l’environnement de manière optimale, de façon à être épanoui, et donc heureux. En ce sens, l’intelligence est indissociable de l’atteinte d’un objectif. L’intelligence a donc un but : le bonheur. Dès lors, nous pourrions dire qu’une personne est suffisamment intelligente pour être très heureuse !

Chacun étant unique, l’idée est de créer les conditions d’un monde dans lequel, non seulement, on puisse vivre, mais, bien davantage encore, que l’on puisse bien vivre.

En somme, l’intelligence, c’est comme la beauté, il y a mille et une façons de l’être…

Matthieu&Laetitia