Et si tout mémoriser pouvait être simple : Histoire et principes du palais de mémoire.

P1060381

Le décor a pour cadre un somptueux banquet, donné dans l’un des plus beaux palais de Grèce, au crépuscule du VIème avant Jésus-Christ. L’un des convives, le poète Simonide de Céos, quitte un instant la table, deux émissaires ayant un message urgent à lui transmettre.

Pendant ce bref moment, le toit du bâtiment s’effondre, et le palais s’écroule, comme un château de cartes. Le bilan est dramatique : l’ensemble des invités périt. A cela s’ajoute la violence de l’effondrement, qui défigure les corps, jusqu’à les rendre méconnaissables. Or, les familles ont besoin de précisions pour faire le deuil de leurs morts.

A la recherche de solutions, Simonide de Céos ferma les yeux. C’est alors qu’il vit se dérouler, sur l’écran noir de ses paupières closes, le film de la soirée, avant le drame. Il revoit ses amis qui festoient. Il perçoit leurs rires, leurs chants, mais aussi le goût et l’odeur des plats, la sensation des mains qu’il a serrées en guise de salutation. A mesure qu’il fait cet exercice de visualisation, qui met en jeu ses 5 sens, il invite les familles à le suivre parmi les décombres. In fine, il fut capable d’identifier chaque corps, en fonction de l’endroit où il était placé.

Cet évènement tragique a donné son nom à l’une des plus puissantes méthodes de mémorisation : le palais de mémoire, également appelé la méthode des lieux.

Pour vous persuader de sa puissance, essayez cet exercice. Commencez par visualiser clairement, dans votre esprit, un trajet que vous connaissez sur le bout des doigts. Prenons le cas de celui que vous empruntez tous les jours entre votre domicile et votre place de parking. Vous allez ensuite visualiser 10 éléments significatifs qui balisent votre parcours ; ce seront vos aimants à souvenir, les points d’accroche des connaissances à acquérir. Le trajet joue le rôle de classeur des informations : il les organise pour que vous puissiez les mémoriser. Ensuite, vous tissez des liens associatifs mémorables et vous créez des images visuelles marquantes. Enfin, votre aimant à souvenir joue le rôle d’indice évocateur. Il suffit de penser à la première image pour, qu’en cascade, se déroule l’ensemble du scénario que vous avez mémorisé.

Cette méthode fonctionne pour les étudiants qui doivent apprendre des cours (en s’appuyant sur les mots ou concepts-clés), pour retenir sa liste de courses, un numéro de téléphone (cela permet de réviser les départements !) ou votre numéro de carte bancaire. Elle peut aussi vous permettre de ne pas dévier de la colonne vertébrale d’un ordre du jour dans une réunion, ou de la ligne directrice de votre conférence.

L’idée est de mémoriser plus et mieux en s’appuyant sur ce que l’on sait déjà. Pour cela, il convient de localiser les informations à acquérir – et à conquérir – dans un itinéraire que vous connaissez par cœur.

Ici, nous comprenons aisément que le pouvoir de l’imagination, inhérent à la nature indomptable du zèbre, s’avère un puissant moyen pour apprendre par soi-même, et donc pour apprendre efficacement.

Votre défi : mémoriser les 9 clubs ayant remporté la Ligue des champions de football dans les années 1990.

C’est parti, fermez les yeux. Vous vous apprêtez à quitter votre domicile pour rejoindre votre voiture.

Vous commencez par prendre son sac, ce qui vous fait immanquablement penser à Arrigo Sacchi, considéré comme l’un des principaux pionniers du football moderne. Il entraîne le MILAN AC.

Puis, vous vous retournez vers votre femme et observez combien elle est belle (BELGRADE)

Après avoir fermé la porte de votre appartement, vous rencontrez votre voisin de palier. Il vous apprend que, cet été, il passe ses vacances à BARCELONE.

Vous descendez l’escalier et, dans votre boîte aux lettres, vous découvrez un courrier de votre oncle, qui habite MARSEILLE.

Sous la porte d’entrée de l’immeuble, a été glissée une carte rouge et noir, aux couleurs de MILAN.

Sur la carte, il y a une tâche. Du coup, vous prenez de l’AJAX (AMSTERDAM).

En sortant de l’immeuble, vous rencontrez une vieille dame. C’est le surnom de la JUVENTUS DE TURIN.

La maison, à droite, est en train d’être intégralement refaite. Il y a des échafaudages métalliques partout. Cela vous fait penser à la Ruhr, le premier bassin industriel d’Europe de l’Ouest, dont l’une des plus grandes villes est DORTMUND.

Un des artisans portent le maillot du REAL MADRID.

Sur le passage piéton, avant de rejoindre votre voiture, vous croisez un homme au col relevé. Donc vous pensez à Éric Cantona. Donc vous pensez à MANCHESTER.

Ça y’est, vous maîtrisez le palmarès de la Ligue des champions. C’est bien la preuve de la puissance de cette méthode, non !

Certains entreprennent de construire des châteaux en Espagne, d’autres préfèrent ériger des palais de mémoire.

Matthieu&Laetitia

7 exercices pour se lever de bonheur. Le régime SAVEURS pour donner du goût à votre journée.

P1060378

« Se lever du pied gauche » signifie être de mauvaise humeur dès le réveil, et donc mal débuter la journée. Risque alors de s’enclencher l’effet boule de neige nourrissant un climat d’intempéries : une mauvaise pensée entraîne une mauvaise action, qui provoque à son tour une mauvaise pensée, et ainsi de suite.

Voici 7 éléments pour se lever du bon pied. Ils sont grandement inspirés par le livre intitulé Miracle morning, écrit par Hal Elrod. Ils composent le régime SAVEURS.

Silence : L’idée est de prendre du temps pour soi, et de créer une transition entre le sommeil et la première activité. C’est le moment de pratiquer une pause relaxante : méditation, sophrologie, cohérence cardiaque ou prière, par exemple.

Affirmation : Il s’agit de se répéter des phrases positives, inspirantes, qui vous parlent au cœur, comme « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue », « En temps voulu, j’agirai vite », « Je suis détendu et je vais réussir », « Je réussis tout ce que j’entreprends », « J’ai plein d’idées, je suis créatif », « Je décide d’être heureux », « Je peux être utile aux autres, et les autres me le rendent bien », « Oui, une autre vie est possible », « Mon rêve est à portée de main, aujourd’hui, je fais un pas de plus vers lui ».

Visualisation : Vos affirmations positives préférentielles sont intimement liées à l’exercice de visualisation. Celui-ci est en relation avec votre journée, mais aussi avec votre idéal, votre mission de vie. Il ne s’agit pas uniquement de visualiser, mais également de ressentir jusque dans le corps les effets bénéfiques inhérents à la réalisation d’actions qui vous tiennent à cœur. Vous rêvez d’un tour du monde en voilier, et vous sentez les mouvements du bateau, le clapotis de l’eau, le cri des mouettes, la fraîcheur des embruns, le parfum du large, la caresse du vent ou la morsure du froid. Il y a dans cette approche quelque chose de la loi d’attraction.

Ainsi, vous pouvez imaginer les bons moments que vous allez passer dans la journée, mais aussi l’accomplissement de votre projet de vie. Ce dernier implique d’avoir un horizon à conquérir. Pour ce faire, il faut avoir ce que l’on pourrait appeler une vision, soit un projet plus grand que nous-mêmes, une mission qui nous transcende.

Exercices physiques : Abdominaux, pompes, squats, footing, étirements, ne nécessitent pas de matériel, mais boostent considérablement votre énergie et votre bien-être. Ces bienfaits sont rendus possibles grâce à la sécrétion des hormones suivantes : endorphines, dopamine, adrénaline et noradrénaline.

Ustensiles de cuisine : Le but est de se concocter un petit-déjeuner énergisant, riches en fibres et en protéines, avec des fruits (en jus et à croquer), des céréales,… Le tout est d’allier ce que vous aimez et ce qui est bon pour vous.

Reading (Lecture) : Lire un passage inspirant, apprendre quelque chose de nouveau pour stimuler la dynamique motivationnelle.

Scripting (Ecrire) : Tenir un journal de bord sur vos pensées, sur les bons moments de la journée écoulée et les défis à relever pour celle qui débute, cibler des objectifs concrets à atteindre. Ecrire impacte profondément les pensées. Et, la couleur de nos pensées contribue grandement à déterminer la couleur de notre perception de la réalité.

Ces 7 activités paraissent simples et, justement, elles le sont. Elles semblent frappées du sceau du bon sens. Tout le monde, ou presque, s’y accorde. Pour autant, combien de ceux qui en sont persuadés appliquent ces principes avec assiduité ? Peu, assurément. Il s’agit là, avant tout, d’une question de volonté, et donc de responsabilité.

La mise en pratique de ces principes a tout intérêt à se faire tôt le matin. Pourquoi ? Pour que votre journée parte sur de bons rails. Et puisque le matin, de bon(ne)heur(e), vous n’êtes pas encore engagé dans le torrent du quotidien, vous bénéficiez d’un temps pour vous. Afin de maîtriser ce temps, vous pouvez vous lever 30 minutes voire 1h plus tôt que d’habitude.

Cette perspective vous semble problématique ? Dans ce cas, remplacez le terme problème par opportunité. Et puis, ainsi que le prévoir l’adage, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Le régime SAVEURS pourra alors pimenter votre journée.

Enfin, réaliser ces 7 activités quotidiennement permet d’expérimenter l’effet cumulé. Chacune d’entre elles aura d’autant plus d’impact qu’elle est l’un des maillons d’une chaine positive.

C’est un peu comme dans une équipe, où le résultat final dépasse la somme des talents individuels.

Matthieu&Laetitia

Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait. Une approche de la mission de vie : l’exemple du bodybuilder 

P1060377Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait. Cette phrase, bien sûr, a quelque chose de caricatural. Mais, comme toute caricature, si elle comporte des élans excessifs, elle donne aussi à approcher une réalité.

Ainsi, sans tomber dans l’hyperdéterminisme d’un Jean-Paul Sartre, qui écrit que « l’enfance décide », il est probable que les premières années délimitent un champ des possibles. Et un élément décisif semble être, dans bien des cas, ce que l’on pourrait appeler la blessure originelle. Il s’agit de la blessure d’enfance la plus profonde, le traumatisme le plus violent ou, au moins, celui ayant le plus de conséquences sur l’identité de la personne en construction.

Et, il ne serait pas illogique que ce processus soit particulièrement à l’œuvre pour les profils atypiques, qui sont dotés  – et doués – d’hypersensibilité. Gustave Flaubert aimait à dire : « Ce qui érafle les autres me déchire ». De fait, la blessure peut être source de conséquences d’une profondeur abyssale et, ce faisant, impacte vivement la personnalité, l’identité.

Il y a mille et une façons de réagir à une agression mais elles partagent souvent une caractéristique commune : le besoin de se protéger. La logique est simple : une personne qui subit une vive douleur cherche à ne plus la revivre.

Pour ne plus la revivre, donc pour changer les choses, il faut une prise de conscience des mécanismes qui déterminent un comportement qui ne vous satisfait pas. Sans compréhension profonde, il est difficile de transformer sa perception de la réalité, et donc sa vie.

Cette perspective implique de regarder en face sa blessure intérieure – droit dans les yeux –, et donc de mobiliser une sorte d’ADN du combat. Affronter un traumatisme n’est pas exactement une promenade de santé. Parfois, les personnes ont besoin d’être accompagnées, soutenues, dans cette exploration des profondeurs.

Mais il est probable, qu’in fine, le jeu – ou « je », peut-être –, en vaille la chandelle. Et ce pour une raison aussi précise que décisive : il y a peut-être là, lovée au cœur de votre faille principale, votre vocation. D’où l’emploi de l’expression « Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait ».

Refuser de plonger au cœur battant du grand traumatisme contient le risque de passer à côté de votre mission de vie.

Changer son passé est impossible, mais transformer le regard porté sur lui, c’est possible. Cela ne signifie pas que c’est facile, mais c’est faisable. En conséquence, c’est aussi une affaire de responsabilité. Nous pouvons participer à écrire le scénario de notre propre vie.

Ainsi, il peut être intéressant, pour une personne cherchant un sens à sa vie, d’entreprendre cette introspection. Elle peut être une clé ouvrant l’horizon.

Cette dynamique est aussi un antidote à la culpabilité, aux regrets d’avoir vécu un passé difficile. Ce passé, aussi douloureux soit-il, vous a construit. Vous le maudissiez peut-être, vous pouvez le remercier, peut-être même le bénir. Il a contribué à faire de vous ce que vous êtes.

Vous pensiez que c’était un caillou sur votre chemin, c’est une graine posée dans votre jardin intérieur. Votre passé douloureux est un terreau fertile, il convient de trouver l’espace adéquat pour que s’épanouisse votre personnalité profonde.

Prenons un exemple illustrant cette thèse. Enfants, nombre d’individus qui sont devenus bodybuilders présentaient un profil ectomorphe, ce qui signifie qu’ils étaient minces, voire maigres. Pour le vérifier, il suffit d’observer la finesse de leurs poignets ou de leurs chevilles ; des zones où il est difficile de prendre de la masse musculaire. Ainsi, beaucoup ont entendu, dans leur jeunesse, des remarques blessantes sur leur physique : « tu es maigrichon », « on voit à travers toi », « tu es un sac d’os ». Le corps, c’est l’enveloppe, le premier élément que l’on offre au regard de l’autre. Subir des critiques à ce propos peut toucher au plus profond de l’être, à l’identité profonde. En conséquence, continuer à vivre implique de résoudre ce problème d’image. Symboliquement, les muscles font office de carapace, de bouclier, d’armure, de protection. En se développant physiquement, la personne évolue afin de créer les conditions pour devenir pleinement elle-même. Le mouvement, c’est la vie.

Ici, la musculation relève d’un réflexe de survie. La pratique professionnelle est à la fois chemin de guérison et mission de vie. Elle permet à la fois de soigner la blessure et de s’accomplir.

Exister ne suffit pas, il faut vivre, aussi.

En somme, explorer sa blessure et les émotions qu’elle sécrète peut être un formidable moyen pour trouver sa voie, incarner sa vocation.

Matthieu&Laetitia

Un exercice pour sourire. Ou comment obtenir le meilleur d’un comportement automatique.

Depuis le premier matin du monde, l’homme a eu l’occasion de développer des comportements automatiques. C’est d’ailleurs l’une des raisons de sa survie. Si, avant de prendre chaque décision, il était contraint de recourir à un raisonnement approfondi, ce serait incroyablement énergivore et chronophage. 

Ce faisant, et c’est ce que met à jour le principe de sélection naturelle, le cerveau crée des raccourcis. Le but est la survie, mais aussi la simplification de l’existence.

Ces comportements stéréotypés sont très fréquents et peuvent être particulièrement efficaces. Dans un monde rempli de stimuli divers et variés, l’homme a donc besoin de raccourcis pour continuer à vivre.

Réagir de façon machinale a ses avantages : vous êtes poursuivi par un tigre blanc au cœur de la jungle, il est heureux que vous n’ayez point besoin de consulter le manuel de survie que vous avez glissé dans la poche intérieure de votre sac à dos ; et ce, d’autant plus, que la fermeture éclair est récalcitrante.

Cette tendance automatique présente aussi une face plus sombre. Et cela, les spécialistes du marketing l’ont bien compris. Pensez, par exemple, à l’effet que peut faire un bon de réduction ou le fait qu’on vous rappelle qu’il ne reste plus que 3 places ou 2 jours pour recevoir tel ou tel produit. Pensez aussi aux serveurs, dans les restaurants, qui touchent doucement et brièvement votre épaule ou votre bras pour créer une proximité affective qui vous rendra plus difficile le refus d’un dessert ou d’un café.

Voici un exercice qui vous permettra de générer vous-même un sourire sur commande : vous vous placez debout face à un miroir, et vous allez répéter le mot « super ». Vous allez utiliser différentes intonations pour traduire différentes émotions : colère, tristesse, peur, étonnement, admiration, … Et vous allez finir par la joie, en éclatant de rire. Ce faisant, vous allez développer un réflexe : le simple fait de prononcer, même intérieurement, le mot « super » aura pour effet qu’un sourire s’épanouisse sur votre visage.

Cet exercice est notamment utilisé par les mannequins et les acteurs. Plus largement, il est possible d’y recourir avant d’entrer en relation avec une personne.

L’on dit souvent qu’il suffit de 21 jours pour prendre une habitude. Une attitude possible est celle du bon sceptique, qui consiste à tenter l’expérience, et à observer si elle est concluante pour vous.

Sourire, c’est créer les conditions d’un rayonnement positif. En y ayant recours, vous maîtrisez davantage votre image. Vous pouvez donc à la fois avancer avec plus de sérénité et donner confiance à votre interlocuteur. Peut alors s’enclencher un cercle vertueux qui nourrira votre lien social.

Dale Carnegie, auteur du bestseller Comment se faire des amis, stipule que sourire est un des moyens les plus efficaces pour nouer des relations de qualité. Warren Buffett, première fortune mondiale en 2008, a exprimé combien la mise en pratique de ce principe très simple avait contribué à sa réussite.

De nombreuses études ont souligné les liens étroits qui unissaient le rire et le bonheur. Raison pour laquelle ce sont des développées des thérapies par le rire.

Un célèbre exemple nous est offert par l’ouvrage autobiographique de Norman Cousins, Comment je me suis soigné par le rire. Ce journaliste américain était atteint d’une maladie grave, cause d’intenses souffrances. Observant à quel point le rire le soulage, il regarde de très nombreux films comiques. Il estime que cette habitude lui a permis de guérir de sa maladie. Son ouvrage incita la science à étudier ce phénomène. Les résultats des différentes expériences mettent à jour le rôle majeur joué par les endorphines, substances libérées par le cerveau sous l’effet du rire.

Rire pour guérir, les adeptes de la phonétique apprécieront. Selon cette approche, l’emploi du terme « soigner » ne dessine pas exactement les mêmes perspectives.

Le rire est donc un merveilleux moyen d’être heureux. Puisqu’il est communicatif, le bonheur aura toutes les chances d’être contagieux.

Matthieu&Laetitia

Prendre son temps n’est pas toujours le perdre

C’est l’histoire de Tony, un jeune courtier à succès de Wall Street. Elle nous est contée par Richard Koch, auteur de l’ouvrage Bien vivre le principe 80/20. Moins de travail et de stress pour plus de succès et de plaisir.

Obnubilé par la quête de l’illumination, c’est-à-dire de l’idée magique qui lui ferait gagner beaucoup de temps et d’argent, Tony entreprend un voyage au Tibet, pour y suivre un enseignement spirituel rigoureux.

Le financier interroge le maître zen sur le temps nécessaire pour expérimenter cette étincelle mystique. « Sept ans », lui répond le Tibétain.

Le jeune Américain insiste, suggère l’idée que lui, le major de sa promotion à Harvard, peut aller plus vite. Face à ce comportement, le maître zen répond, dans un sourire, que, pour lui, ce serait 14 ans.

Que retenir de cette fable ? En priorité, que pour être en mesure de gagner du temps, il convient, au préalable, de savoir en perdre, ou du moins d’en prendre le risque. Ne pas être pressé, vivre l’instant présent, expérimenter le lâcher-prise, sont autant de moyens ouvrant le cœur de l’homme, et le rendant disponible à la grâce, c’est-à-dire à la bonne surprise.

Cette approche est un éloge de la méditation et d’une certaine idée du détachement : élaguer le superficiel et se concentrer sur la profondeur, l’essentiel.

Ici, convoquons le célèbre exemple d’Archimède. Le Grec prenait son bain, détendu, et, alors qu’il ne cherchait aucune réponse à ses questions, une évidence lui traversa l’esprit. Il jaillit alors de son bain et parcourt les rues d’Athènes en criant « Euréka, j’ai trouvé ! ».

Cette histoire illustre combien l’inspiration peut être liée au détachement. C’est lorsqu’on prend son temps, que l’on peut en gagner, et ainsi aller beaucoup plus vite. En clair, prendre son temps pourrait être un préalable à la réalisation de grands desseins.

Pour sa part, Jean-Louis Servan-Schreiber, dans un livre intitulé Le nouvel art du temps,  préconise de remplacer le mot « temps » par « vie » dans certaines expressions. Ainsi, l’expression « je n’ai pas de/le temps » se transforme en « je n’ai pas de/la vie ». Son objectif est que chacun prenne conscience du temps, et de sa valeur inestimable.

Cette philosophie suggère d’être particulièrement attentif aux choix que nous opérons, car choisir, par essence, c’est renoncer. Et, dire « non » à quelque chose ouvre la possibilité de dire « oui » à une autre.

Matthieu&Laetitia

L’enfant, la créativité et l’Ecole

P1060370

L’école est censée préparer les jeunes pour le futur. Et pourtant, à bien des égards, elle semble les former pour un monde qui n’existe plus.

L’Ecole dite traditionnelle ne l’a pas toujours été. Cette même école, avant d’être traditionnelle, a été révolutionnaire ; et ce d’autant plus qu’elle est née au XIXe siècle, dans le sillage de la révolution industrielle et de son désir de standardisation.

Qu’en est-il du respect des besoins de l’enfant qui est, pour ainsi dire, paramétré pour l’innovation ? Il peut d’autant plus sortir du cadre que celui-ci, étant encore en construction, présente une plasticité offrant une marge de manœuvre.

Par nature, tous les enfants ont quelque chose d’exceptionnel, d’époustouflant. Chacun étant unique, les dons le sont également ; ce qui est assez étranger de l’idée de conformité.

Tout enfant doit donc trouver son terrain de jeu, et de « je », et donc d’expression. L’éducation devrait être là pour cela, pour révéler à l’enfant ses talents, pas pour délivrer un savoir suranné et enfermant.

Ainsi que le précise Ken Robinson, en matière d’éducation, la créativité est aussi importante que la littérature.

L’expert en éducation, reconnu pour ses interventions en faveur du développement de la créativité et de l’innovation, raconte l’histoire d’une petite fille suivant un cours de dessin. Souvent assise au fond de la classe, sa maîtresse pense qu’elle a des difficultés de concentration. Un jour, l’institutrice s’approche d’elle et lui demande : « Qu’es-tu en train de dessiner ? »

« Je fais un dessin de Dieu », répond l’enfant.

« Mais personne ne sait à quoi ressemble Dieu », reprend l’institutrice.

« Ils le sauront dans une minute », affirme l’élève.

La morale de cette histoire : les enfants osent, et c’est peut-être même à cela qu’on les reconnaît. Dans certains cas, l’imagination peut être plus précieuse que le savoir. L’insouciance offre de la liberté à l’enfant : il peut échouer, se tromper, et recommencer à sa guise.

Echouer, ce n’est pas être créatif. Mais être créatif et original implique de ne pas avoir peur de se tromper ou, du moins, de surmonter cette peur.

A l’âge adulte, une personne a tendance à perdre cette insouciance et à être gagnée par la peur de l’échec. Ce faisant, au nom sacré de la sécurité, elle tente moins, pour ne pas être prise en faute. Par extension, elle innove moins, et donc ne fait pas de sa différence une force. L’adulte apprend la résignation. D’aucuns appellent ce phénomène la maturité.  

Cette logique se retrouve sur les bancs de l’école, où l’erreur est punie, presque par essence. Alors qu’elle s’avère une nécessité sur le chemin de tout apprentissage et de toute innovation. Dès lors, le prodigieux pouvoir créatif de l’enfant se trouve considérablement mutilé.

Ken Robinson rappelle que dans toutes les écoles, partout dans le monde, il existe une même hiérarchie des disciplines : les mathématiques et les langues au sommet, les sciences humaines ensuite et, tout en bas, les arts. A l’intérieur même des arts, ce n’est pas l’égalité : la musique tend à être plus valorisée que la danse, par exemple.

A l’école, l’idée de hiérarchie est inhérente aux besoins de l’industrialisation du XIXe siècle. Tout d’abord, elle place au sommet de la pyramide les élèves qui seront aptes – et donc utiles – aux nouveaux codes érigés par la modernité de l’époque, à commencer par le travail standardisée et parfois à la chaîne.

Tout ce qui éloigne l’homme de la conformité – comme les arts, le sport ou tout acte créatif –, est logiquement éloigné des sphères éducatives classiques. Nous disons logiquement au vu du dessein poursuivi.

Il y a dans cette approche, comme dissimulé et présenté comme une malédiction, les principes suivants : Ne fais pas de peinture, tu finiras peintre. Ou, pire, ne fais pas de sport, tu finiras sportif. Comme si, non seulement, pratiquer un art conduisait nécessairement à une carrière exclusive et, en plus, ne préparait pas à la vie professionnelle.

La réussite scolaire est perçue comme une preuve d’intelligence ; ce qui est sans doute vrai. Le problème est que ceux qui rencontrent des difficultés, voire des échecs, sont perçus, a contrario, comme des personnes peu intelligentes. Et pourtant, combien d’élèves ayant reçu une étiquette comme un fardeau – « Tu es nul. Tu es un bon à rien. Tu es incapable. Tu ne feras jamais rien de ta vie » –, sont devenus, à l’âge adulte et après avoir trouvé leur terrain d’expression, le petit génie de la cuisine ou de la chanson, pour reprendre des expressions qui barrent fréquemment la une des journaux.

Dans les faits, tout se passe comme si l’école continuait de former essentiellement des employés modèles et des professeurs. Les premiers sont faits pour rester dans le cadre. Les seconds sont faits pour que les jeunes générations, elles aussi, entrent dans le cadre. C’est une caricature, bien sûr, mais une caricature dit souvent quelque chose de la réalité.

Le paradoxe est d’autant plus grand que, jusqu’au siècle dernier, obtenir un diplôme signifiait souvent obtenir un travail. Et, à observer le nombre de personnes Bac+5 au chômage aujourd’hui, il faut croire que les choses ont bien changé.

Puisqu’une idée dans l’air du temps veut que 65% des métiers de demain n’existent pas encore, la créativité devraient avoir de beaux jours devant elle, même celles des adultes.

A ce propos, Picasso a dit : « Tous les enfants sont nés artistes. Le problème est de rester un artiste en grandissant ».

Matthieu&Laetitia

Comment booster votre QI ?

P1060352

D’emblée, attaquons une idée reçue : le QI n’est pas un chiffre gravé dans le marbre, une sorte de numéro indélébile qui nous identifierait. Pour donner une image, il s’apparente à une photo, qui mesure un état à un moment précis. Naturellement, il dessine une tendance, un reflet, mais il est soumis à évolution.

En 2008, une équipe de psychologues, menée par Susanne Jaeggi, parvienne à un résultat surprenant, qu’aucune étude antérieure ne laissait pressentir. Ainsi, un entraînement spécifique permettrait d’accroître sensiblement l’intelligence fluide.

Jusqu’alors, les psychologues s’accordaient sur l’existence de deux types principaux d’intelligence : l’intelligence fluide et l’intelligence cristallisée. La première désigne la capacité à faire preuve de logique et à résoudre de nouveaux problèmes. Jusqu’à cette étude de 2008, cette intelligence était considérée comme innée, immuable. L’intelligence cristallisée, quant à elle, correspond aux compétences et à l’expérience accumulée. Elle relève donc de l’acquis.

En 2008, un changement de paradigme s’opère : il est désormais prouvé que l’intelligence fluide peut être boostée. Jaeggi et son équipe de chercheurs internationaux ont développé un logiciel conçu pour entraîner la mémoire de travail. Celle-ci correspond à notre capacité à manier mentalement quelque chose de notre réalité : calcul mental, anticiper la fin d’un film, ou la stratégie de notre adversaire aux échecs.

A quoi ressemble le protocole de l’expérience ?

70 personnes, réparties en 4 groupes, ont suivi le programme de 8 à 19 jours, à raison de 20 min d’entraînement de la mémoire de travail par jour. Par ailleurs, 4 groupes contrôles, ne suivant aucune préparation particulière, complètent le tableau. Chaque participant passe un test de QI au tout début et en toute fin de l’expérience.

Les résultats sont sans appel : l’ensemble des personnes ayant utilisé le logiciel obtiennent un score largement supérieur à l’occasion du second test.

Une analyse plus fine révèle, qu’en moyenne, l’intelligence fluide de ces participants a augmenté de 40% ! Si nous explorons encore davantage les détails de l’expérience, nous observons que la hausse de l’intelligence fluide est directement corrélée au temps passé à s’entraîner avec le logiciel. Ainsi, ceux ayant bénéficié d’un programme de 19 jours voient leur intelligence fluide augmenter 4 fois plus que ceux ayant utilisé le logiciel pendant 8 jours.

Ici, la découverte n’est pas que multiplier la participation à des tests de QI finit par augmenter… notre QI ; cela va de soi et est démontré depuis longtemps.

En effet, le logiciel n’a rien avoir avec un test de QI.

La nouveauté réside donc dans le transfert : l’homme est capable d’apprendre des connaissances dans une tâche donnée et de les mobiliser dans un tout autre contexte. C’est ainsi que peut être modifiée l’intelligence fluide.

Pour mieux comprendre ce phénomène, utilisons l’image de l’entraînement sportif. Un athlète muscle ses abdominaux et exploite ce nouveau potentiel pour améliorer ses performances lors d’un mouvement de développé-couché, d’un sprint, d’un saut en longueur, d’une extension au handball ou d’une frappe de balle au football.

Il en est de même avec le logiciel développé par Jaeggi : la mémoire de travail est optimisée, et sert dans toutes les activités mobilisant ce type de mémoire.

En somme, il existe une très nette corrélation entre la mémoire de travail et l’intelligence fluide. Ce qui impacte, naturellement, l’intelligence dans sa globalité.

Enfin, observons que le QI ne concerne pas uniquement le domaine professionnel. En effet, il affecte notamment celui de la santé : une étude de 2009 réalisée sur plus d’un million de Suédois rapporte notamment que les risques d’hospitalisation augmente de moitié tous les 15 points de QI en dessous de la moyenne.

Et, la santé, c’est beaucoup plus que l’absence de maladie.

Matthieu&Laëtitia

1 outil pour ne plus perdre son temps : la magie de la loi de Parkinson

Nous entendons souvent, dans les entreprises ou, plus largement, dans le monde du travail, une phrase qui sonne comme idée reçue : « Les journées sont trop courtes ».

Pourtant, une journée-type d’un salarié ressemble souvent à un 9h-19h.

A ce stade, mettons le doigt sur la croyance qui veut que les résultats dépendent exclusivement du volume. Autrement dit, selon cette optique, plus vous passez de temps au travail, plus vous aurez de chances d’obtenir des résultats concluants. Pour se convaincre de la dimension arbitraire de ces 9h de travail quotidien, sans doute faut-il se poser la question suivante : comment se fait-il que partout dans le monde, ou presque, les salariés aient besoin du même nombre d’heures pour accomplir leur travail ? Et ce, dans la plupart des métiers. Parenthèse aussitôt ouverte, aussitôt refermée.

Nul besoin de passer sa vie au travail pour devenir millionnaire ou milliardaire. Par exemple, Warren Buffett, première fortune mondiale en 2008, dit se rendre au travail au pas de danse.

Timothy Ferris, auteur du best-seller La semaine de 4 heures, affirme épouser la logique du titre de son ouvrage.

Ici, l’idée défendue est que dans une journée-type d’un salarié, il y a beaucoup de gaspillage de temps. Dit autrement, travailler 9 ou 10 heures par jour, c’est trop. Revient alors la phrase, comme un boumerang, « les journées sont trop courtes ».

Essayons de relativiser cette croyance, ce qui est une manière polie d’exprimer que l’on va la mettre à mal.

Prenons un exemple très simple : vous savez qu’un impératif – vous devez aller chercher votre grand-tante à l’aéroport ; elle revient d’une escapade sur les fjords norvégiens. Et oui, elle a développé, dès que l’heure de sa retraite a sonné, une passion dévorante pour la pêche au saumon – vous contraindra à quitter le travail à 15h. Et bien, nous parions que vous réussirez à remplir vos objectifs dans le temps imparti. Vous avez donc eu besoin de 4h de moins que d’habitude.

Prenons un autre cas de figure : votre fils s’est cassé l’avant-bras en cours d’EPS – il est plus porté sur le football australien (oui, ça existe) que sur le roller. Vous avez 2h pour boucler votre dossier. Vous relevez le défi. Vous n’avez jamais été aussi rapide. Vous avez même été particulièrement surpris : la semaine suivante, votre boss a loué la qualité de votre travail.

Vous venez de faire une expérience enivrante : moins peut égaler plus.

Un souvenir remonte alors à la surface de votre conscience : lorsque vous étiez élève puis étudiant, vous aviez remarqué votre étonnante capacité à vous adapter à la durée d’un examen. Vous aviez 1h30 pour votre dissertation, vous finissiez de vous relire au bout d’1h30. Vous aviez 4h, vous posiez le point final au bout de 3h59 (une minute pour relire 16 pages, c’est peu. Vous vous contentez de l’introduction.) Vous aviez 7h (et oui, lors de votre cursus, vous aviez eu la coquetterie de tenter l’agrégation de japonais), vous utilisiez 7h02 (et oui, miracle, la surveillante, ce jour-là, s’est soudain souvenue qu’elle avait été étudiante.)

Cette capacité à s’adapter au temps imparti a un nom : la loi de Parkinson.

Que dit-elle, cette loi ?

Elle révèle que la durée effective d’une tâche est en étroite corrélation avec le temps que vous aviez prévu pour la remplir. Elle témoigne donc de la magie des dates buttoirs imminentes.

Vous avez 15 jours pour ficeler un dossier sur la pertinence, ou non, de faire dévier le trajet de l’autoroute en construction de 25 km pour épargner une colonie de moustiques équatoriens qui a mystérieusement élu domicile précisément là où il n’était pas prévu qu’elle élise domicile. Le projet vous emballe, et on le serait à moins !

Cependant, concocter un bon repas pour votre moitié, apprendre à vos enfants à faire des ricochets ou dresser votre perroquet, c’est bien aussi. Mais toutes ces belles activités, ça vous demande du temps. Et du temps, a priori, c’est justement ce qui vous manque.

Concilier tous ces objectifs ressemble à la quadrature du cercle. Et si c’était possible, malgré tout ? Comment ? En ayant recours à la magie de la loi de Parkinson.

Donnez-vous 5 jours ou, mieux encore, 12h de travail, et pas une de plus, pour boucler votre dossier qui ne manque pas de piquant.

Oui, mais comment respecter le timing ? La précision et l’imminence de la date buttoir ont des vertus magiques. Elles vous obligent à vous concentrer sur l’essentiel, à optimiser votre attention et à élaguer le superflu. Le temps ne peut être compressé, mais notre énergie, et donc notre productivité, peuvent être décuplées en cas de concentration optimale.

Vous ne vous seriez pas fixé de date butoir, il est probable que votre temps consacré à la tâche aurait enflé à vue d’œil, comme gonflé à l’hélium. Vous aviez 15 jours pour achever votre travail, vous les auriez vraisemblablement tous utilisés.

Là, non content de vous être surpris à aller si vite, vous avez libéré du temps. Ce qui n’a pas de prix. Et, ce temps, vous l’avez employé à accomplir des activités qui vous tiennent vraiment à cœur : concocter un bon repas pour votre moitié, apprendre à vos enfants à faire des ricochets, et même dresser votre perroquet.

Dresser votre perroquet vous a d’ailleurs offert un avantage de taille : vous savez désormais qu’il ne faut pas répéter les mêmes erreurs.

Matthieu&Laëtitia

1 exercice de prise de conscience : le « Je » du miroir

P1060354

S’observer dans un miroir symbolise une sorte de rendez-vous avec soi-même. Etre aux prises avec son image est une manière de se convoquer au tribunal de sa conscience. Le juge qui trône dans notre for intérieur sera-t-il clément, juste ou sévère ? Sera-t-on condamné ou acquitté ?

Pour illustrer ce phénomène, citons une étude menée en 1978 par Beaman et son équipe. L’expérience a lieu le soir d’Halloween. Un groupe d’enfants déguisés est conduit dans une pièce où sont posés de très nombreux bonbons. Au bout d’un instant, un adulte entre dans la salle et déclare : « Je m’absente quelques minutes. En attendant, vous pouvez prendre un bonbon chacun, mais pas un de plus. A tout à l’heure. » Ensuite, l’adulte laisse les enfants seuls pendant environ 15 minutes.

Les jeunes ignorent que des chercheurs examinent leur comportement. Leur but : observer si les enfants respectent l’autorité de l’adulte, ou s’ils succombent à la tentation de prendre plusieurs bonbons.

Pour les besoins de l’expérience, le groupe est séparé en 2. Dans le premier cas, 34% obéissent à l’injonction de ne consommer qu’une seule friandise. Dans le second, le pourcentage descend à 9% ; ce qui signifie, qu’ici, 91% désobéissent.

La raison de cette différence sensible : le miroir.

Pourquoi ?

A en croire les chercheurs, en présence du miroir, les individus ont davantage conscience d’eux-mêmes, du temps présent et de leurs engagements. Ce faisant, ils sont plus sensibles aux impacts négatifs d’un acte de désobéissance.

Ce phénomène ne se limite pas à une classe d’âge en particulier. En effet, d’autres recherches ont mise en lumière combien le miroir pouvait influencer le comportement humain. Ainsi, la présence d’un miroir dans un bureau augmente la productivité des employés, puisqu’ils sont davantage conscients de leurs actions, ou de leur inaction.

De même, une personne qui déjeune tout en se regardant manger a davantage conscience de ce qu’elle consomme ; et donc, en moyenne, consomme moins. Cette technique peut alors être un atout de poids pour les personnes qui veulent respecter un régime.

En somme, regarder son reflet, ce n’est pas uniquement observer son apparence, c’est aussi plonger dans les profondeurs abyssales de l’intérieur de son être.

Matthieu&Laëtitia

La fable du pêcheur mexicain, ou pourquoi attendre la retraite pour être heureux

P1060353

Un riche homme d’affaires américain prend des vacances dans un petit port mexicain. Devant lui, n’en finissent plus de se déployer les ondes bleutées d’une mer enchanteresse. Il ressent la furieuse impression d’être un personnage figé dans un décor de carte postale. Au bout d’un moment,  accoste un petit bateau de pêche chargé de gros thons jaunes.

Le touriste demande alors au pêcheur combien de temps a-t-il passé en mer pour ramener ce butin.

– « Pas très longtemps », répond le Mexicain.

L’homme d’affaires s’étonne du choix opéré par son interlocuteur : s’il avait passé plus de temps au travail, il aurait rapporté davantage de poissons.

 – « J’en ai assez pour bien nourrir ma famille, répond le pêcheur.

– Que faites-vous du reste de votre temps ?

– Je me lève tard, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je déjeune, je fais la sieste avec Maria, ma femme. Tous les soirs, je me rends jusqu’au village pour boire du vin, jouer de la guitare et jouer aux cartes avec mes amigos – la belle vie, Señor ! »

L’Américain lui conseille alors de passer plus de temps en mer pour pêcher davantage de poissons, et ainsi d’être plus riche. Il pourra alors acheter un nouveau bateau, plus performant, qui lui permettrait d’avoir des prises toujours plus abondantes. Les affaires fleurissant, il pourra s’installer à Mexico, puis Los Angeles, voire New York.

– « Mais, Señor, combien de temps cela prendrait-il ?

– 15, 20 ans.

– Et quoi alors, Señor ?

– C’est le plus beau, répondit l’homme d’affaires en riant. Le moment venu, vous pourriez émettre des valeurs en bourse et gagner des millions.

– Des millions, dites-vous. Et quoi alors, Señor !

A ce moment-là, vous pourriez prendre votre retraite, et revenir chez vous. Vous pourriez vous installer dans un charmant petit village au bord de la mer, vous levez tard, pêcher un peu, jouer avec vos enfants, faire une sieste avec votre femme et vous rendre au village pour boire du vin, jouer de la guitare et jouer aux cartes avec vos amis. »

Cette fable montre par l’absurde à quel point la spirale du plus pour plus est difficilement conciliable avec un bonheur profond.

Cependant, l’attitude du riche américain n’est pas illogique, au vu de son paradigme et de ses habitudes. Mais, s’il s’octroyait le luxe de la liberté intérieure, s’il s’affranchissait des pesanteurs sociales, peut-être porterait-il un autre regard sur le pêcheur mexicain, qui décide de ne pas attendre la retraite pour être heureux.

Il y a dans cette histoire quelque chose de la belle vie, tout simplement.

Matthieu&Laëtitia