De l’importance des deux premières années

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La notion de capacité est dotée d’ambivalence. D’une certaine manière, notamment grâce à l’apport de l’expérience, les capacités humaines s’agrandissent au fur et à mesure que la vie déploie son long ruban. Un autre regard accouche d’une autre vision des choses et de l’homme : le champ des possibles inhérent à ces capacités ne fait que se réduire, à mesure que le temps passe. Une clé pour résoudre ce paradoxe est à retrouver dans le cerveau humain. 

Dans le cerveau d’un enfant qui naît, s’établit un million de milliard de connexions neuronales ; ce chiffre ensuite, ne fera que baisser. En bas-âge, le bébé est doué de capacités d’apprentissage prodigieuses, tant est prodigieuse sa plasticité cérébrale. Un enfant de 9 mois, par exemple, pourrait reconnaître l’ensemble des sons, des articulations formulées par une bouche humaine. En conséquence, il serait capable d’enregistrer les fondamentaux de toutes les langues, de tous les dialectes. Trois mois plus tard, lorsqu’il souffle sa première bougie, il ne reconnaît plus que les mots de sa culture, ceux qu’il s’est entendu répéter, et répéter encore. Au travers de cet exemple, l’on conçoit combien son potentiel s’est réduit, sous l’effet de l’habitude.

Cette observation, mise en lumière par les neurosciences, induit l’idée d’un élagage dans le champ des possibles. Au fond, grandir revient à se spécialiser. 

Une autre étape décisive se situerait à deux ans. Des études ont montré que des orphelins, qui avaient vécu nombre d’épreuves, et qui ont été placés dans une famille aimante, avant leur 24 mois, ont réussi à trouver le chemin de l’épanouissement. Au contraire, des enfants, ayant subi des épreuves comparables, et qui ont été placés dans un environnement bienveillant après avoir fêté leurs deux ans, n’ont pas été capables de la même résilience. La plasticité cérébrale étant moins forte, la capacité d’adaptation l’est également. Ce faisant, il relève peut-être de la responsabilité parentale que l’enfant ait été sensibilisé à différentes couleurs de l’existence pour qu’il puisse choisir, et donc qu’il soit plus libre. 

Pour accompagner au mieux cette transition des deux ans, à quelle méthode miracle faut-il se vouer ? A quelle pédagogie nouvelle faut-il se former ? Loin d’une quête de nouveauté, l’idée est de se référer à une perspective qui est peut être aussi vielle que le monde est vieux : assurer à l’enfant un environnement bienveillant composé d’amour, de stimulations (pas de sur-stimulations), d’encouragements, de respect de son rythme et de ses besoins. Il convient de le rassurer, de le laisser explorer le monde, pour que son monde élargisse ses frontières, et, enfin, d’établir des règles claires, simples et expliquées, pour lui offrir des repères dont il aura tant besoin pour se construire. Rien de nouveau, donc.

Enfin, pour que l’éducation soit la plus éducative possible, sans doute faut-il confronter l’enfant au réel, davantage qu’au virtuel, qui tend à prendre toujours plus de place dans la vie des hommes à mesure que se déploie le fil de la modernité. L’idée est alors de créer les conditions d’un écosystème chaleureux, aimant, riche de lien social de qualité, de jeu, de dynamisme et de calme, de nature et de culture. Cet espace est fondamental. C’est notamment là que se forge toute une identité. Et que se prépare le futur.

Matthieu&Laetitia

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