Et si c’était maintenant ? A la rencontre du cœur profond.

Et si c’était maintenant ? Pas demain. Pas dans une heure. Là, maintenant, tout de suite, dans l’instant. Et s’il était urgent d’être heureux. Pas de procrastination à l’égard de l’épanouissement. Le bonheur profond n’est pas exactement un dossier de plus à trier.

Se pose alors la question : Comment se connecter au cœur profond ? Comment connaître ses envies et ses besoins les plus ardents ? Certains ont la réponse, d’autres moins. D’autres, encore, ne l’ont pas du tout. Dans ce cas de figure, la volonté, seule, n’est peut-être pas toujours suffisante. Il y a le fait de vouloir savoir, et la connaissance, en elle-même.

Ici, proposons une approche pour essayer d’atteindre le cœur profond, siège des envies qui nous rendrons heureux. Ce chemin, qui se veut chemin d’épanouissement, comporte 3 grandes balises : se comprendre, s’accepter et, enfin, participer à créer les conditions d’un monde dans lequel on puisse vivre.

Se connaitre implique de saisir ses mécanismes. Un mécanisme est souvent défensif, étant une réponse à un choc traumatique. Qui, dès sa plus tendre enfance, n’a pas été blessé par une chose ou par une autre ? Ce traumatisme sécrète une émotion, émotion qui contribuera à colorer la personnalité de l’individu. Cette émotion entre souvent insidieusement, comme par effraction, dans le cœur et l’esprit humains. Autrement dit, elle est là, et la personne qui la possède n’en a pas toujours conscience. Cette émotion génère une adaptation, puisqu’il faut bien survivre. Puisque la personne s’adapte, elle devient, symboliquement, autre chose qu’elle-même. Se développe alors ce que l’on appelle parfois un faux-self. En conséquence, peut se creuser un décalage entre la personne que nous sommes vraiment, tout au fond, et la personne que nous sommes devenus. Ce décalage, qui peut parfois de faire écartèlement, peut donner naissance à de vives souffrances. Qui suis-je ? Où est le sens de ma vie ?

Intervient ici la deuxième phase : l’acceptation. J’accepte qui je suis devenu. Je pose un autre regard sur mon passé. Je me déshabille le cœur de tout sentiment de culpabilité. Je pardonne au maximum à ceux qui m’ont fait du mal, et ce parfois, ou souvent, de manière involontaire. Je pensais que tel ou tel élément de mon passé était un fardeau. Je pensais que c’était un caillou, et si c’était une graine ? Une graine qui ne demandait qu’une terre fertile pour s’enraciner, éclore, jeter des bourgeons et du parfum.

Entre ici en jeu la troisième étape : créer les conditions d’un monde dans lequel je puisse vivre. En d’autres termes, quel est mon terreau fertile ? Où est cet horizon où pourra s’exprimer mon unicité ? Ce champ des possibles, de manière peut-être contre-intuitive, est probablement à rechercher du côté de la blessure. « Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière », disait joliment Michel Audiard. Et s’il y avait là, dans le problème originel, bien des éléments de réponse renseignant sur le sens de ma vie.

Comment, à l’âge adulte, aller reconquérir son cœur profond, sorte de métaphore de la vocation ? Peut-être faut-il se reconnecter à ses souvenirs d’enfance, lorsque flottait l’enivrant parfum de l’insouciance, lorsque tout, ou presque, était possible. Après tout, certains l’ont fait, justement parce qu’il ne savait pas que c’était impossible, pour paraphraser Mark Twain.

Prenons le cas d’un enfant ayant la passion de la musique. Ecouter une mélodie fait frémir jusqu’à son âme. Combien de fois a-t-il vu danser les notes devant lui, dans une sorte de poésie en mouvement ? Pour lui, la musique décrit l’indicible, l’au-delà des mots, quelque chose de la grâce. C’est à son contact qu’il se sent vivant. Il n’aime rien tant que de faire glisser ses doigts de fée sur les cordes chantantes de sa harpe de bois.

Lorsque cet enfant s’épanche quelque peu sur son grand rêve de devenir musicien, la réponse de son entourage – souvent bien intentionné – est unanime : « On ne peut pas vivre de la musique. Etre musicien, c’est connaître une vie instable. Le soir, en rentrant du travail, tu auras tout le loisir de faire jouer tes mains ». S’enclenche ici un jeu de contraste : l’enfant rêve en grand et veut vivre de la musique, et les grandes personnes emprisonnent ce rêve dans une voie de garage.

L’enfant grandit et se construit avec l’idée que son rêve n’est pas autre chose qu’une étoile inaccessible. « Il faut être sérieux, travailler comme tout le monde », « être une grande personne » pour reprendre les mots du Petit Prince. C’est-à-dire dompter ses passions, jusqu’à les éteindre. Le venin de la résignation apprise coule alors dans les veines.

Et puis, un beau jour – oui, parce qu’il n’est pas dénué de beauté, ce jour –, un ressort intérieur s’active avec la force d’un volcan au réveil. Cette vie que je mène – ou peut-être est-ce d’ailleurs cette vie qui me mène, et par le bout du nez –, toujours est-il que cette vie, ce n’est pas la mienne, mais celle de mon double, qui a été construit à grands coups de pesanteur sociale. Cette prise de conscience sonne l’heure du réveil. Là, maintenant, tout de suite, dans l’instant, je veux être heureux. Et cette volonté est si légitime. Et si c’était maintenant ? Je veux que mes rêves d’enfant soient mes rêves et mes concrétisations d’adulte. Après tout, aimer la musique jusqu’à vouloir en vivre, certains l’ont déjà fait. Et si je ne voulais pas être heureux juste quelques heures par semaine, après le travail ?

La musique ne désigne pas autre chose que cet élément, pour reprendre le mot de Ken Robinson, où se croisent la passion et le talent, et qui trace les contours du terrain de « je ». Combien de grands dirigeants américains affirment que leur réussite est aussi dû au fait qu’ils ont persévéré dans la poursuite de leur grand rêve ?

Les obstacles les plus ancrés sont souvent ceux que l’on se fixe soi-même. Mille étapes intermédiaires peuvent me rapprocher de mon objectif. Mille étapes peuvent se faire en un jour comme en 10 ans. Sur ce chemin, il y aura des obstacles, mais gageons que l’aventurier qui ose franchir le premier pas aura toute l’énergie du monde pour les dépasser. Et, puisqu’il y a dans ce mouvement quelque chose de la vocation, peut-être qu’un certain nombre d’obstacles se feront tremplins.

Et s’il n’y avait rien de plus rationnel au fond, que de suivre ses rêves ?

Matthieu&Laetitia

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