Comment se libérer de la tristesse ?

En soi, une émotion n’est ni négative, ni positive. Par exemple, la colère est un merveilleux moteur pour faire de grandes et belles choses, que ce soit sportif de haut niveau, avocat ou fondateur d’une association humanitaire.

Le terme même d’émotion contient un mouvement, qui est une manière d’élan vital. En ce sens, ressentir des émotions, c’est être humain ; les émotions font parties de la nature humaine, y compris la tristesse. La rejeter, et donc blinder son cœur, reviendrait donc à perdre en humanité, et à gagner en froideur.

Le but n’est pas de nier ses émotions, mais de les affronter ou, pour mieux dire, de vivre avec, en vue de les dépasser, et de les sublimer.

Sans doute convient-il aussi de comprendre les ressorts de la tristesse. Classiquement, elle révèle qu’on a perdu quelqu’un ou quelque chose d’important (être cher, travail, environnement de vie, …), ou alors qu’on manque, ou qu’on a manqué, de quelque chose de vital (bienveillance ou reconnaissance parentale, par exemple).

En clair, un choc affectif a impacté notre cœur jusqu’à provoquer une déchirure. Il n’est pas rare, qu’inconsciemment, cette plaie sécrète des pensées négatives, dont l’une des conséquences est d’alimenter cette blessure.

Pour essayer de saisir les rouages de ce cercle vicieux, référons-nous au système réticulé-activateur. Il s’apparente à un logiciel filtrant les informations qui remontent à la surface de la conscience. Autrement dit, une personne a tendance à retenir prioritairement, et parfois uniquement, les éléments qui renforcent sa croyance. Prenons le cas d’une personne dont la faille originelle a été causé par un sentiment d’abandon, tranchant comme une lame. Le risque est donc que sa conscience ne capte que les informations alimentant le moulin de sa croyance. Au coin d’une rue, cette personne croise une connaissance qui ne peut s’attarder avec elle, pour telle ou telle raison, et, hop, se déploie le mécanisme comme un ressort : « Une nouvelle fois, je suis abandonné ». Ce qui tend, assez naturellement, à renforcer la tristesse. Dans la même journée, il y a certainement eu aussi des rayons lumineux et des mains tendues, mais y a-t-on été attentif ?

Connaître et accepter sa blessure, sans la juger, est déjà une manière de la soulager, même si le cheminement ne se fait pas nécessairement en un clin d’œil.

Il vous faut donc saisir la manière dont votre égo et votre sensibilité réagissent face à cette blessure. Quelles sont les pensées, les émotions et les comportements générés ? La plupart du temps, on réagit de manière automatique, en suivant souvent un réflexe qui s’enracine dans notre blessure. Ce réflexe a eu aussi sa part de lumière, il vous a protégé et permis de survivre. Cependant, aujourd’hui, puisque vous avez évolué, est peut-être venu le moment d’observer votre vision de l’existence, aussi lucidement que possible. Et, si vous désirez apporter des ajustements, entendre par là des améliorations, vous avez la liberté de vous engager sur le chemin du renouveau, qui implique un profond travail sur soi.

Avant d’emprunter ce chemin, il est souvent opportun de commencer à se libérer de ce vieux fond de tristesse qui sommeille en nous. Oui, mais comment faire ? Risquons-nous à émettre quelques suggestions.

Prendre ou reprendre contact avec son enfant intérieur et engager un dialogue aussi paisible que possible. Soyez à l’écoute des souvenirs qui remontent lors de ce tête-à-tête avec votre conscience. Si vos yeux commencent à piquer, c’est peut-être que s’amorce un mouvement de libération. Une larme qui sort, emporte souvent avec elle un peu de tourment.

Une autre piste, pour exprimer sa tristesse, est de trouver son canal artistique de prédilection. Ce peut être la peinture, la musique ou l’écriture, par exemple.

Prenons le cas des grands romanciers. Souvent, l’encrier dans lequel ils trempent leur plume est empli de tristesse, qui n’est pas autre chose que l’émotion qui jaillit de leur blessure intérieure. Mais, pour que la libération soit effective – ce qui ne veut pas dire totale –, les mots couchés sur le papier ne suffisent pas, la plupart du temps. Encore faut-il qu’ils soient en phase avec vos valeurs fondamentales. Si vous êtes particulièrement sensible au beau et animé par une quête d’idéal, il faudra que le fond et la forme soient au diapason. Alors vous serez heureux du résultat, donc satisfait de vous. Donc, non seulement vous vous libérez d’une partie de votre tristesse, en la plaçant notamment dans certains personnages, mais, bien davantage, vous la rendez significative. Elle vous permet d’écrire, ce qui est sans doute une manière de créer un monde dans lequel vous puissiez vivre. Alors, vous pourrez peut-être être emporté par un mouvement qui vous dépasse, qui a quelque chose d’un tourbillon et d’une harmonie.

Et l’écriture, qui est souvent un acte intensément solitaire, peut aussi être lue, ensuite, et donc partagée. Ce qui peut accroître, pour certains, le sens de la démarche.

A chacun de trouver son terrain d’expression. Son terrain de jeu. Son terrain de « je ».

Matthieu&Laetitia

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