Le piège du triangle de Karpman. Partie 3 : comment en sortir ?

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Ce triangle a des portes – d’entrée – et des fenêtres – de sortie. Il a même des volets, voici le troisième.

Comme tout piège, celui du triangle de Karpman peut refermer sur nous ses mâchoires d’acier, et nous emprisonner. Mais, comme de toute prison, il est possible de s’évader.

Pour cela, encore faut-il ne pas être totalement naïf, pas totalement Candide. Cela nécessite d’avoir identifié que nos interlocuteurs, ainsi que nous-même, jouons l’un des trois rôles suivants : persécuteur, victime ou sauveur. L’interêt d’une telle démarche est simple : l’on ne peut changer que ce dont nous avons conscience. Ensuite, il convient d’identifier les bénéfices secondaires de notre posture. Outre le réflexe pavlovien qui peut conduire à endosser tel ou tel rôle, comme on s’empare d’un masque – réflexe dont on peut penser que le ressort est enraciné, souvent de manière inconsciente, dans une blessure existentielle –, outre ce reflexe, donc, la propension humaine à entrer dans le triangle traduit des intérêts.

Schématiquement, une victime attire souvent à elle de la pitié. De fait, elle devient un centre d’attention, ce qui peut combler une dette de reconnaissance, par exemple. Le sauveur, quand à lui, peut se voir auréolé du prestige de l’homme bienveillant, serviable, qui a le cœur sur la main. Enfin, il n’est pas impossible que le persécuteur bénéficie de l’image d’un homme doté d’une vive force de caractère.

Mais, n’oublions pas que ce triangle est qualifié de dramatique, et que ce jeu psychologique pollue non seulement les relations sociales, mais également la vision que nous avons de nous-même. Classiquement, une posture équilibrée, où l’on est en phase avec ses aspirations profondes, éloigne de ce triangle. Etre en harmonie avec soi-même, ne plus dépendre du regard des autres, est une formidable occasion de sortir du jeu psychologique, même si ce jeu, avec certaines personnes, s’éternisent depuis plusieurs années, ou depuis toujours.

Si je bouge, si j’évolue, mes interlocuteurs évolueront aussi, presque immanquablement. Et, la personne qui est la plus facile à faire évoluer, c’est encore soi-même. La réponse, donc, est en vous. Avant d’être une formule banalisée, c’est une réalité fondamentale.

Une piste pour tendre vers cet équilibre réside probablement dans notre capacité à identifier que les bénéfices secondaires évoqués plus haut, sont souvent liés à une quête de reconnaissance. Si tel est le cas, peut-être vaut-il mieux, avant toute chose, essayer de soigner cette blessure intérieure, et si personnelle. Pour dire les choses autrement, l’idée serait d’abord de faire un travail sur soi-même – pour avoir une alimentation de confiance branchée sur un courant continu –, et non d’aller uniquement chercher dans des relations sociales – réelles ou virtuelles -, une perfusion de reconnaissance, qui a tous les risques d’être aussi insuffisante qu’éphémère. Un peu comme un sparadrap qu’on poserait sur une jambe de bois. Se rapprocher de la plaie encore vive est probablement plus « confrontant », mais aussi plus constructif. Vouloir se construire en essayant d’être pleinement soi est un moteur puissant pour se libérer du triangle.

Ensuite, il convient donc d’identifier des objectifs supérieurs, c’est-à-dire plus profonds, plus constructifs, que les bénéfices secondaires qui tendent à maintenir la personne dans un mécanisme aux allures de cercle vicieux.

Chacun des 3 rôles permet d’expérimenter quelque chose d’un frisson, d’une ivresse, d’un vertige, d’une fascination. Etre dans le triangle dramatique, c’est énergivore, mais cela permet aussi, parallèlement, de se nourrir de l’énergie – qui s’apparente souvent à de l’électricité – qui circule.

Par exemple, imaginer qu’un grand bonheur est possible, et que ce grand bonheur est beaucoup plus grand que les bénéfices secondaires, peut dessiner un cap et un horizon. Et ce grand bonheur requiert de la force et du courage pour être atteint. Et, la plénitude, l’épanouissement, sont des fruits qui murissent au soleil de l’alignement intérieur. Donc  être soi-même, le plus profondément possible, éloigne d’un rôle à jouer, et par conséquent du triangle dramatique.

Si cette quête, qui a quelque chose d’un idéal – ce qui ne veut pas dire qu’elle est inatteignable –, est une manière de se reconnecter à son cœur profond, alors elle contient toute l’énergie de l’univers. Et, avec toute l’énergie de l’univers, on peut faire beaucoup de choses, même sortir d’un triangle. Et même sortir par la grande porte, celle qui donne sur le lever du soleil.

Matthieu&Laëtitia

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