Le piège du triangle de Karpman. Partie 2 : comment éviter d’y entrer ?

P1060575

Le triangle de Karpman dessine un piège souvent insidieux. Il est un gouffre en même temps qu’une manière de vertige. Comme évoqué en première partie, il n’est pas rare qu’il aimante et oriente les relations sociales.

De par la dérégulation qu’il provoque, ce triangle a quelque chose d’un venin qui empoisonne la communication avec autrui. D’où l’intérêt crucial de ne pas y entrer et, si un côté du triangle nous a hameçonné, d’en sortir au plus vite et, surtout, au mieux. Au mieux signifie en se préservant et en ne blessant pas les autres, ou le moins possible.

Comment se prémunir, donc, d’entrer dans ce piège, comme la mouche doit se méfier de la toile d’araignée, presque invisible, elle aussi ?

Un premier élément réside dans la prise de conscience que le triangle dramatique existe, et qu’il mérite ce qualificatif car, d’ordinaire, les acteurs n’en sortent pas indemnes.

Dans le prolongement de cette prise de conscience, il convient de connaître notre porte d’entrée privilégiée, ainsi que celle des membres de notre entourage. Détecter précocement ces mécanismes, sentir que le triangle commence à se structurer, sont des conditions essentielles pour ne pas pénétrer dans le piège. Symboliquement, peut alors apparaître devant vous le panneau, triangulaire lui aussi, qui alerte d’un danger et invite à s’en protéger.

  • Si vous avez tendance à endosser le rôle de victime : veillez à être responsable de votre vie, à éviter de vous plaindre, à être proactif pour ne pas succomber à la tentation qu’un tiers, sur son beau cheval blanc, viennent vous sauver.
  • Si vous êtes un sauveur dans l’âme : ayez à l’esprit que sauver quelqu’un n’est pas nécessairement lui rendre service. Pensez, par exemple, à l’adage : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ».
  • Si vous avez des élans persécuteurs : c’est un peu l’histoire de la poutre et de la paille, ou celle du miroir. Prenez conscience que votre attitude colérique ne renseigne pas uniquement sur la personne qui reçoit vos foudres, mais aussi sur la personne qui lancent les éclairs…

Prenons un cas concret. A un ou une collègue dont vous connaissez la tendance à se victimiser – « Ah, les voisins ont encore fait du bruit jusqu’à pas d’heure ! Du coup j’ai encore mal dormi » –, il peut être dangereux de lui demander comment elle va.

Lui dire : « Bonjour Annie, tu es rayonnante ce matin / ces couleurs te vont bien / elle est super, ta jupe !  » avec enthousiasme et sincérité, en la regardant bien droit dans les yeux, peut être un comportement adapté. L’idée est de ne pas créer les conditions pour que votre interlocuteur puisse employer un vocabulaire négatif mais, au contraire, d’essayer d’enclencher une dynamique positive.

En outre, l’ambiguïté est un terreau fertile dans lequel peut s’enraciner la spirale infernale du triangle dramatique. Dès lors, il convient de clarifier sa position et ses propos avec bienveillance, et de demander à ses interlocuteurs d’en faire autant. “Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde”, pour reprendre les mots d’Albert Camus.

Sourire, avoir du recul, impulser, d’emblée, une atmosphère positive – ce qui ne veut pas dire chercher à sauver le monde et ses habitants ! –, ou savoir dire non – ce qui ne veut pas dire blesser son interlocuteur – , semblent être autant d’antidotes permettant d’éviter de tomber dans le piège de ce jeu psychologique.

Et puis, il y a tellement d’autres jeux plus ludiques…

Matthieu&Laetitia

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s