Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait. Une approche de la mission de vie : l’exemple du bodybuilder 

P1060377Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait. Cette phrase, bien sûr, a quelque chose de caricatural. Mais, comme toute caricature, si elle comporte des élans excessifs, elle donne aussi à approcher une réalité.

Ainsi, sans tomber dans l’hyperdéterminisme d’un Jean-Paul Sartre, qui écrit que « l’enfance décide », il est probable que les premières années délimitent un champ des possibles. Et un élément décisif semble être, dans bien des cas, ce que l’on pourrait appeler la blessure originelle. Il s’agit de la blessure d’enfance la plus profonde, le traumatisme le plus violent ou, au moins, celui ayant le plus de conséquences sur l’identité de la personne en construction.

Et, il ne serait pas illogique que ce processus soit particulièrement à l’œuvre pour les profils atypiques, qui sont dotés  – et doués – d’hypersensibilité. Gustave Flaubert aimait à dire : « Ce qui érafle les autres me déchire ». De fait, la blessure peut être source de conséquences d’une profondeur abyssale et, ce faisant, impacte vivement la personnalité, l’identité.

Il y a mille et une façons de réagir à une agression mais elles partagent souvent une caractéristique commune : le besoin de se protéger. La logique est simple : une personne qui subit une vive douleur cherche à ne plus la revivre.

Pour ne plus la revivre, donc pour changer les choses, il faut une prise de conscience des mécanismes qui déterminent un comportement qui ne vous satisfait pas. Sans compréhension profonde, il est difficile de transformer sa perception de la réalité, et donc sa vie.

Cette perspective implique de regarder en face sa blessure intérieure – droit dans les yeux –, et donc de mobiliser une sorte d’ADN du combat. Affronter un traumatisme n’est pas exactement une promenade de santé. Parfois, les personnes ont besoin d’être accompagnées, soutenues, dans cette exploration des profondeurs.

Mais il est probable, qu’in fine, le jeu – ou « je », peut-être –, en vaille la chandelle. Et ce pour une raison aussi précise que décisive : il y a peut-être là, lovée au cœur de votre faille principale, votre vocation. D’où l’emploi de l’expression « Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce pour quoi tu es fait ».

Refuser de plonger au cœur battant du grand traumatisme contient le risque de passer à côté de votre mission de vie.

Changer son passé est impossible, mais transformer le regard porté sur lui, c’est possible. Cela ne signifie pas que c’est facile, mais c’est faisable. En conséquence, c’est aussi une affaire de responsabilité. Nous pouvons participer à écrire le scénario de notre propre vie.

Ainsi, il peut être intéressant, pour une personne cherchant un sens à sa vie, d’entreprendre cette introspection. Elle peut être une clé ouvrant l’horizon.

Cette dynamique est aussi un antidote à la culpabilité, aux regrets d’avoir vécu un passé difficile. Ce passé, aussi douloureux soit-il, vous a construit. Vous le maudissiez peut-être, vous pouvez le remercier, peut-être même le bénir. Il a contribué à faire de vous ce que vous êtes.

Vous pensiez que c’était un caillou sur votre chemin, c’est une graine posée dans votre jardin intérieur. Votre passé douloureux est un terreau fertile, il convient de trouver l’espace adéquat pour que s’épanouisse votre personnalité profonde.

Prenons un exemple illustrant cette thèse. Enfants, nombre d’individus qui sont devenus bodybuilders présentaient un profil ectomorphe, ce qui signifie qu’ils étaient minces, voire maigres. Pour le vérifier, il suffit d’observer la finesse de leurs poignets ou de leurs chevilles ; des zones où il est difficile de prendre de la masse musculaire. Ainsi, beaucoup ont entendu, dans leur jeunesse, des remarques blessantes sur leur physique : « tu es maigrichon », « on voit à travers toi », « tu es un sac d’os ». Le corps, c’est l’enveloppe, le premier élément que l’on offre au regard de l’autre. Subir des critiques à ce propos peut toucher au plus profond de l’être, à l’identité profonde. En conséquence, continuer à vivre implique de résoudre ce problème d’image. Symboliquement, les muscles font office de carapace, de bouclier, d’armure, de protection. En se développant physiquement, la personne évolue afin de créer les conditions pour devenir pleinement elle-même. Le mouvement, c’est la vie.

Ici, la musculation relève d’un réflexe de survie. La pratique professionnelle est à la fois chemin de guérison et mission de vie. Elle permet à la fois de soigner la blessure et de s’accomplir.

Exister ne suffit pas, il faut vivre, aussi.

En somme, explorer sa blessure et les émotions qu’elle sécrète peut être un formidable moyen pour trouver sa voie, incarner sa vocation.

Matthieu&Laetitia

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