1 outil pour ne plus perdre son temps : la magie de la loi de Parkinson

Nous entendons souvent, dans les entreprises ou, plus largement, dans le monde du travail, une phrase qui sonne comme idée reçue : « Les journées sont trop courtes ».

Pourtant, une journée-type d’un salarié ressemble souvent à un 9h-19h.

A ce stade, mettons le doigt sur la croyance qui veut que les résultats dépendent exclusivement du volume. Autrement dit, selon cette optique, plus vous passez de temps au travail, plus vous aurez de chances d’obtenir des résultats concluants. Pour se convaincre de la dimension arbitraire de ces 9h de travail quotidien, sans doute faut-il se poser la question suivante : comment se fait-il que partout dans le monde, ou presque, les salariés aient besoin du même nombre d’heures pour accomplir leur travail ? Et ce, dans la plupart des métiers. Parenthèse aussitôt ouverte, aussitôt refermée.

Nul besoin de passer sa vie au travail pour devenir millionnaire ou milliardaire. Par exemple, Warren Buffett, première fortune mondiale en 2008, dit se rendre au travail au pas de danse.

Timothy Ferris, auteur du best-seller La semaine de 4 heures, affirme épouser la logique du titre de son ouvrage.

Ici, l’idée défendue est que dans une journée-type d’un salarié, il y a beaucoup de gaspillage de temps. Dit autrement, travailler 9 ou 10 heures par jour, c’est trop. Revient alors la phrase, comme un boumerang, « les journées sont trop courtes ».

Essayons de relativiser cette croyance, ce qui est une manière polie d’exprimer que l’on va la mettre à mal.

Prenons un exemple très simple : vous savez qu’un impératif – vous devez aller chercher votre grand-tante à l’aéroport ; elle revient d’une escapade sur les fjords norvégiens. Et oui, elle a développé, dès que l’heure de sa retraite a sonné, une passion dévorante pour la pêche au saumon – vous contraindra à quitter le travail à 15h. Et bien, nous parions que vous réussirez à remplir vos objectifs dans le temps imparti. Vous avez donc eu besoin de 4h de moins que d’habitude.

Prenons un autre cas de figure : votre fils s’est cassé l’avant-bras en cours d’EPS – il est plus porté sur le football australien (oui, ça existe) que sur le roller. Vous avez 2h pour boucler votre dossier. Vous relevez le défi. Vous n’avez jamais été aussi rapide. Vous avez même été particulièrement surpris : la semaine suivante, votre boss a loué la qualité de votre travail.

Vous venez de faire une expérience enivrante : moins peut égaler plus.

Un souvenir remonte alors à la surface de votre conscience : lorsque vous étiez élève puis étudiant, vous aviez remarqué votre étonnante capacité à vous adapter à la durée d’un examen. Vous aviez 1h30 pour votre dissertation, vous finissiez de vous relire au bout d’1h30. Vous aviez 4h, vous posiez le point final au bout de 3h59 (une minute pour relire 16 pages, c’est peu. Vous vous contentez de l’introduction.) Vous aviez 7h (et oui, lors de votre cursus, vous aviez eu la coquetterie de tenter l’agrégation de japonais), vous utilisiez 7h02 (et oui, miracle, la surveillante, ce jour-là, s’est soudain souvenue qu’elle avait été étudiante.)

Cette capacité à s’adapter au temps imparti a un nom : la loi de Parkinson.

Que dit-elle, cette loi ?

Elle révèle que la durée effective d’une tâche est en étroite corrélation avec le temps que vous aviez prévu pour la remplir. Elle témoigne donc de la magie des dates buttoirs imminentes.

Vous avez 15 jours pour ficeler un dossier sur la pertinence, ou non, de faire dévier le trajet de l’autoroute en construction de 25 km pour épargner une colonie de moustiques équatoriens qui a mystérieusement élu domicile précisément là où il n’était pas prévu qu’elle élise domicile. Le projet vous emballe, et on le serait à moins !

Cependant, concocter un bon repas pour votre moitié, apprendre à vos enfants à faire des ricochets ou dresser votre perroquet, c’est bien aussi. Mais toutes ces belles activités, ça vous demande du temps. Et du temps, a priori, c’est justement ce qui vous manque.

Concilier tous ces objectifs ressemble à la quadrature du cercle. Et si c’était possible, malgré tout ? Comment ? En ayant recours à la magie de la loi de Parkinson.

Donnez-vous 5 jours ou, mieux encore, 12h de travail, et pas une de plus, pour boucler votre dossier qui ne manque pas de piquant.

Oui, mais comment respecter le timing ? La précision et l’imminence de la date buttoir ont des vertus magiques. Elles vous obligent à vous concentrer sur l’essentiel, à optimiser votre attention et à élaguer le superflu. Le temps ne peut être compressé, mais notre énergie, et donc notre productivité, peuvent être décuplées en cas de concentration optimale.

Vous ne vous seriez pas fixé de date butoir, il est probable que votre temps consacré à la tâche aurait enflé à vue d’œil, comme gonflé à l’hélium. Vous aviez 15 jours pour achever votre travail, vous les auriez vraisemblablement tous utilisés.

Là, non content de vous être surpris à aller si vite, vous avez libéré du temps. Ce qui n’a pas de prix. Et, ce temps, vous l’avez employé à accomplir des activités qui vous tiennent vraiment à cœur : concocter un bon repas pour votre moitié, apprendre à vos enfants à faire des ricochets, et même dresser votre perroquet.

Dresser votre perroquet vous a d’ailleurs offert un avantage de taille : vous savez désormais qu’il ne faut pas répéter les mêmes erreurs.

Matthieu&Laëtitia

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