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S’intéresser à ce « conforme » à l’Ecole, c’est aussi, par extension, s’intéresser à ce qu’elle ne forme pas, ou peu.

A l’Ecole, donc, on ne valorise pas particulièrement la créativité, la sensibilité ou l’indépendance. Sortant des cadres classiques, ces qualités ne sont pas mesurables, pas objectivables. En clair, la différence n’est pas facilement compatible avec une approche standardisée de l’élève. Comme un symbole de cette philosophie, le lieu de formation des enseignants s’est longtemps appelé « Ecole normale ». Aujourd’hui encore, l’Ecole Normale Supérieure n’est-elle pas perçue comme un sommet de l’intelligence à la française ?

Les royaumes, par excellence, de la norme, ce sont la note et sa sœur, la moyenne. Et de moyenne à moyen, il n’y a qu’un pas et deux lettres. La norme scolaire, c’est aussi « bus-devoir-dodo », qui prépare au trop fameux « métro-boulot-dodo ». Cet angle de vue n’est probablement pas la meilleure option pour que les différences du zèbre soient optimisées, transformées en véritables forces, pour lui et la société… Dans l’esprit, l’Ecole forme donc essentiellement des employés modèles et des fonctionnaires, dont certains continueront d’avoir tendance à ranger leurs affaires cinq minutes avant la sonnerie…

Depuis la rentrée de septembre 2016, sont menées, dans certaines écoles, des expériences où l’on remplace la note par des couleurs, afin de ne pas stigmatiser l’élève en difficulté.

Or, le problème n’est pas celui de la note, mais celui de l’enseignement qui ne prend pas assez en compte les spécificités de l’élève. Entendons-nous bien, notre intention, ici, n’est absolument pas de condamner le métier de professeur, qui relève d’une sorte de vocation. L’idée est de constater que le système actuel, né de la révolution industrielle, et donc du désir de standardisation, ne produit pas les effets escomptés. Dans les faits, il semble que ce soit à l’élève de s’adapter à l’institution scolaire, et non l’inverse. De même, c’est de plus en plus à la nature de s’adapter aux exigences humaines…

Engager un virage à 180° impliquerait de profondes évolutions. Mais, les transformations ne sont pas impossibles, en atteste, par exemple, la réussite de Céline Alvarez, qui s’appuie sur la pédagogie Montessori.

L’enseignement « classique » n’étant pas pleinement adapté aux publics auquel il s’adresse, certains élèves éprouvent de la déception, voire du dégoût, à l’égard des apprentissages scolaires. Cette démotivation peut se traduire par un manque de travail. Ce phénomène, qui risque d’enclencher une dynamique négative, aboutit à la sanction d’un mauvais résultat.

Il y a alors fort à parier qu’à la question de savoir pourquoi il va à l’école, l’élève en échec réponde « parce que je suis obligé ». A l’âge adulte, à la question de savoir pourquoi il travaille, il n’est pas interdit de penser qu’il répondera « parce que je dois payer mes factures ». Il y a peut-être un meilleur projet individuel et social…

Si l’on essaie de remettre les choses à l’endroit, voilà ce à quoi nous pourrions aboutir. L’enseignant surfe sur le désir d’apprendre de l’enfant – qui lui est naturel ; un enfant peut s’émerveiller des heures en explorant la nature –, afin de le stimuler. L’enfant est un joueur dans l’âme. Toute aventure lui procure une perfusion d’enthousiasme. L’enfant heureux de jouer a naturellement envie d’en faire plus, et d’en faire mieux. Il a tout aussi naturellement envie d’avoir un score, afin de le dépasser ultérieurement.

Imaginez un instant un groupe de garçons improvisant un match de football, enlevant leur manteau malgré le froid de l’hiver pour délimiter un terrain de fortune, et ne se souciant pas de compter les buts, pour couronner un vainqueur. Envisager cette scène requiert une imagination débordante.

Pour l’enfant, apprendre est un jeu. Et le jeu appelle souvent un score, qui n’est pas une sanction tombant comme un couperet, mais une stimulation, une invitation à progresser et à se dépasser. Un enfant peut répéter inlassablement un ouvrage qui lui plait, mais pas une tâche qui lui « déplaie »…

En somme, à l’école, ce n’est pas la note, en soi, qui pose problème, mais la philosophie qui lui est associée.

En matière d’éducation, une révolution copernicienne engendrant un changement de paradigme, loin d’être une lubie d’un savant fou ou d’un apprenti sorcier, peut être un  chemin d’excellence.

Matthieu&Laetitia

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Qu’est-ce « conforme » à l’école ? Une approche particulière de la note.

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